Du roman à l’écran

1989. Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer de J. Benoît
[100 min. Dany Laferrière, scénariste]
2004. Le goût des jeunes filles de John L’Ecuyer
[88 min. Dany Laferrière, scénariste]
2004. Comment conquérir l’Amérique en une nuit de Dany Laferrière
[96 min. Dany Laferrière, réalisation et scénario, Prix Zénith]
2005. Vers le sud de Laurent Cantet, avec Charlotte Rampling
[105 min. Dany Laferrière, coscénariste]
2009. La dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve de Pedro Ruiz
[90 min. Documentaire sur la vie et l’oeuvre de Dany Laferrière]

Parce que je suis une star, madame!
D L

🏆 Prix du public des Rencontres internationales du documentaire
🏆 Banff Rockies Award
Mention spéciale du Festival du film insulaire

14 novembre 2009

Pour souligner les 25 ans de son premier roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, ce documentaire retrace le parcours de Dany Laferrière, voyage intime de l’un des écrivains les plus originaux des dernières décennies. Connu pour sa détermination, sa force, son honnêteté parfois brutale et inconfortable, Laferrière présente à ses lecteurs  une image du « premier monde » à partir de son regard d’homme sauvage mais lucide, assoiffé de vie et de littérature, avec un appétit vorace pour absolument tout ce que lui offre la vie. Dans La Dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve, on l’accompagne dans une douzaine des villes dont Montréal, Paris, New-York, Port-au-Prince jusqu’au mythique village de pêcheurs de Petit-Goâve. La promenade en Haïti, pays de contrastes où un bonheur sensuel côtoie une violence anarchique, nous mène à une réflexion sur le pays de son enfance et celui d’aujourd’hui, principale source de son inspiration, et sur l’exil. C’est là que s’impose L’énigme du retour, son dernier livre. Plus qu’un voyage physique, ce documentaire présente un voyage cinématique fascinant et nous plonge tout droit dans l’imagination déchaînée de l’auteur.

Regard sur l’œuvre

Le film suit l’écrivain dans une douzaine de villes, dont Montréal, Port-au-Prince, Paris, New York et son village natal de Petit-Goâve.
– Le Devoir
14 septembre 2009

Un film sur Dany Laferrière aux Rencontres du documentaire

Soulignant le quart de siècle de son premier roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, un documentaire sur Dany Laferrière, La Dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve, de Pedro Ruiz, sera lancé en première mondiale aux 12es Rencontres internationales du documentaire de Montréal, qui se dérouleront du 11 au 21 novembre à Montréal.

Le film suit l’écrivain dans une douzaine de villes, dont Montréal, Port-au-Prince, Paris, New York et son village natal de Petit-Goâve. On devait déjà à Pedro Ruiz Un animal tropical à Montréal, sur l’écrivain cubain Pedro Juan Gutiérrez, et Mexique illégal, sur les émigrés clandestins.

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Quand tu lis tous ses livres, tu te rends compte de sa grande cohérence, des ficelles qu’il tire d’un roman à l’autre. C’est un parcours impressionnant.
– Pedro Ruiz, en entrevue avec André Lavoie, Le Devoir
14 novembre 2009

La douceur de filmer d’un globe-trotter de Caracas

Vénézuélien d’origine, Québécois d’adoption, photographe de profession et citoyen du monde, rien n’arrête Pedro Ruiz. Toujours un projet qui l’allume, toujours en mouvement, l’homme est aussi un amusant conteur, comme j’ai pu souvent le constater lors de nos collaborations communes au Devoir, moi avec mon magnétophone, lui avec son appareil photo.

C’est la deuxième fois que je le rencontre de manière formelle. Ce fut d’abord pour son premier documentaire, Animal tropical à Montréal, une coréalisation avec Frank Rodriguez sur l’écrivain cubain Pedro Juan Gutierrez. Comme Pedro Ruiz a de la suite dans les idées, il s’est vite intéressé à un autre romancier flamboyant, né aussi sous le soleil des Amériques, celui d’Haïti. Il s’agit de Dany Laferrière, l’auteur de Je suis un écrivain japonais et la vedette souriante, complice et généreuse du second documentaire, qu’il signe cette fois en solo, La Dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve, présenté en première aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).

«Je suis un immigrant qui a fait un film sur un immigrant», résume Pedro Ruiz avec son accent délicieux et toujours la même passion au fond des yeux. Pourtant, il n’hésite pas du même souffle à citer Borges («La nationalité, c’est un acte de foi»), comme pour expliquer que ce qui l’unit à Dany Laferrière va au-delà des étiquettes. Que les deux hommes partagent quelques sentiments liés à l’arrachement au pays d’origine n’explique qu’en partie la connivence qui s’exprime à l’écran. Car de Lyon à New York en passant par Saint-Malo et surtout Port-au-Prince ainsi que Petit-Goâve, là où l’écrivain a passé une partie de son enfance, c’est toujours le même homme, à la fois profond et cabotin, volubile et contemplatif, qui s’offre à Pedro Ruiz.

Le cinéaste le reconnaît volontiers: «Dany a conscience de la caméra, mais c’est une conscience ludique, pas de protection. Avec ou sans caméra, il est tout aussi ouvert et passionné. Ce n’est pas quelqu’un qui prend la pose, ou qui a peur pour son image.» L’écrivain en est d’ailleurs si peu soucieux qu’il n’a pas encore vu le film. Mais, à l’heure de savourer sa victoire récente du Médicis pour L’Énigme du retour, il trouve qu’il arrive à point nommé. «Juste avant de partir pour Paris, Dany m’avait téléphoné de l’aéroport et dit: « C’est comme si on avait planifié tout ça! »» C’était pourtant loin d’être le cas, Pedro Ruiz ayant cru parfois se diriger vers un naufrage, financier entre autres, plutôt qu’une douce dérive au cours des deux années de production du film.

Sa ténacité est maintenant récompensée, et il reconnaît avec un large sourire que les honneurs qui pleuvent sur l’auteur de Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ne nuiront pas à la carrière de son film. Et de la même manière que certains prix sortent de l’ombre certains auteurs un peu négligés, il espère, modestement, changer l’image de Dany Laferrière. «Le Québec le voit davantage comme un monstre médiatique. Ici, on me dit: « Je n’ai pas lu ses livres, mais je le connais. » En France, c’est l’écrivain qui est connu. Il peut remplir des salles de 300 places et ces gens-là ont lu ses livres, ils veulent l’entendre.»

Vrai aussi qu’ils ne l’ont pas connu à l’époque rigolote où il était présentateur météo à TQS dans les années 1980, des performances quasi burlesques que l’on ne voit pas dans le film («Quel gâchis, on a tout effacé», déplore le cinéaste). Par contre, Pedro Ruiz souhaite que cette Dérive douce fasse dévier les spectateurs du personnage public vers l’écrivain. «Quand tu lis tous ses livres, tu te rends compte de sa grande cohérence, des ficelles qu’il tire d’un roman à l’autre. C’est un parcours impressionnant.» Et il est illustré de manière tout à la fois amusante, mélancolique, colorée et fantaisiste. Ces deux-là étaient vraiment faits pour s’entendre.

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La Dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve est présenté dans le cadre des RIDM, le dimanche 15 novembre à 14h30 et le lundi 16 novembre à 18h à la Grande Bibliothèque, et prendra l’affiche au Parallèle le dimanche 22 novembre.

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Vous me lisez, j’apparais!
– Chantal Guy, La Presse
14 novembre 2009

Profession: écrivain voyageur

À l’image du personnage insaisissable qu’est Dany Laferrière, le documentaire de Pedro Ruiz suit l’écrivain dans ce qu’il est effectivement convenu d’appeler une douce dérive, puisqu’il transporte son baluchon partout où on le demande. « Vous me lisez, j’apparais! » lance-t-il devant les différents publics qu’il rassemble par sa plume. Au gré des désirs et sans logique, il se promène ainsi entre Paris, Montréal, Vienne, Lyon, New York, Montréal et Port-au-Prince, ce que le réalisateur souligne comiquement en calculant les kilomètres parcourus. On peut mesurer un peu plus le contraste entre la solitude des chambres d’hôtel et le formidable conférencier plein d’esprit qu’il est. C’est un portrait, saisi au vol, dans la foulée de la sortie de L’énigme du retour – bon timing du réalisateur avec le Médicis -, le tout entrecoupé de lectures, d’images d’archives et de témoignages d’amis. Mais c’est la verve de Dany Laferrière qu’on aime , même s’il se fait plus silencieux de retour à Haïti, où les images sont les plus fortes. Très brève apparition de la mère, et ce regard profond de l’écrivain sur son neveu qui veut suivre ses traces. On entre presque dans le roman. Si on pense le connaître, on découvre encore un tas de choses sur Dany Laferrière par ce documentaire. La preuve que le sujet et l’homme sont inépuisables… La dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve est présenté les 15 et 16 novembre, 14h30 et 18h, à la Grande Bibliothèque (en présence de Dany Laferrière et du réalisateur Pedro Ruiz).

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J’ai été fort impressionné. La réalisation de Pedro Ruiz est inventive, mêlant séquences animées, plans soignés et parti pris intimiste. La narration est assurée par Dany Laferrière lui-même, enrichie d’images d’archives et d’extraits de livres lus par l’auteur ou par des proches, autour du thème central de l’exil.
– Marc Cassivi, La Presse
14 novembre 2009

Tout sur Dany

Dans un tout autre registre, j’ai été fort impressionné par La dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve, très beau documentaire de Pedro Ruiz sur Dany Laferrière, présenté dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal avant de prendre l’affiche au Cinéma Parallèle.

On y retrouve Dany Laferrière, spirituel, comique malgré sa gravité naturelle, rencontrant lecteurs et amis à Montréal, Paris, Lyon, New York et Port-au-Prince, de la parution de Je suis un écrivain japonais jusqu’à celle de L’énigme du retour.

La réalisation de Pedro Ruiz est inventive, mêlant séquences animées, plans soignés et parti pris intimiste. La narration est assurée par Dany Laferrière lui-même, enrichie d’images d’archives et d’extraits de livres lus par l’auteur ou par des proches, autour du thème central de l’exil.

Pourquoi on vous filme? lui demande une dame dans le métro. Parce que je suis une star, madame! répond-il, d’un trait d’esprit caractéristique. Il n’est jamais plus beau qu’à son retour à Petit-Goâve, flânant sur la plage de sa démarche chaloupée, comme son écriture.

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Tout ce que vous avez lu ou entendu jusqu’à maintenant à propos de La dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve est vrai. Ce film est magnifique.
– Marc-André Lussier, La Presse
15 novembre 2009

Trois suggestions pour votre dimanche

D’abord, ce film de Pedro Ruiz, consacré à Dany Laferrière, est magnifique, tant sur le plan de la forme que du contenu, et tombe à point nommé. Il est présenté cet après-midi à 14h30 à la Grande Bibliothèque dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal.

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C’est avant de commencer qu’on a le loisir de penser à la célébrité, car dès la première phrase écrite on fait face à un archer sans visage qui vise d’abord l’ego.
– Josée Blanchette, Le Devoir
20 novembre 2009

L’enfant de Petit-Goâve J’ai savouré comme un sorbet à la goyave le documentaire du cinéaste et photographe Pedro Ruiz, mon collègue du Devoir. On aime retrouver Dany Laferrière dans La Dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve, sa sensibilité, son regard perçant, cette intelligence qu’il partage sans retenue et qui devient contagieuse à la lecture de ses livres. Peu d’écrivains ont l’envergure et la nonchalance nécessaires pour faire passer un tel document sans que cela devienne limite pédant. Laferrière ne se prend pas trop au sérieux et la séduction opère facilement entre lui et nous. «C’est avant de commencer qu’on a le loisir de penser à la célébrité car dès la première phrase écrite on fait face à un archer sans visage qui vise d’abord l’ego» (L’Énigme du retour). Au cinéma Parallèle, à compter de dimanche, jusqu’au 26 novembre. http://www.laderivedouce.com.

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Au milieu de tous les paysages qui ont façonné son écriture, qu’il s’agisse de Port-au-Prince, de Petit-Goâve (le territoire de l’enfance), de Montréal ou de New York (théâtre de confidences émouvantes sur son père), Dany Laferrière se révèle avec aisance et une grande humanité.
– André Lavoie, Le Devoir
12 décembre 2009

Voyage dans les pays de l’écrivain

Lorsqu’il délaisse son appareil photo pour la caméra, Pedro Ruiz, dont on peut admirer le travail dans les pages du Devoir, aime traquer les écrivains qui, comme lui, affichent un tempérament nomade et créent dans le plaisir plutôt que dans la douleur.

C’était déjà le cas dans son premier film consacré au Cubain Pedro Juan Gutierrez (Animal tropical à Montréal) et la suite logique se nomme Dany Laferrière, ce gamin d’Haïti devenu journaliste et qui allait fuir la dictature en s’installant à Montréal en 1976. Plus tard, il aura suffi d’un seul roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (1985), pour que son auteur soit immédiatement connu.

Depuis cette époque, la popularité personnelle de Laferrière n’a jamais fléchi, surtout au Québec, mais qu’en est-il de la fréquentation de son oeuvre? Celle-ci est abondante, marquée par les souffrances de l’exil, la nostalgie d’une jeunesse envolée, l’amour des femmes et celui d’un continent; les gens d’ici en savent-ils quelque chose? Dans La Dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve, Pedro Ruiz souligne cette contradiction et réussit à aller au-delà de l’image du personnage médiatique, du charmant cabotin et du tribun habile.

Au milieu de tous les paysages qui ont façonné son écriture, qu’il s’agisse de Port-au-Prince, de Petit-Goâve (le territoire de l’enfance), de Montréal ou de New York (théâtre de confidences émouvantes sur son père), Dany Laferrière se révèle avec aisance et une grande humanité. Pour les éloges, certains collaborateurs se chargent de cette tâche et ne ménagent pas les superlatifs au sujet de son dernier livre, L’Énigme du retour. Et les voilà maintenant transformés en critiques dithyrambiques alors que la sortie de ce documentaire émouvant et ludique coïncidait – heureux hasard! – avec la remise du prix Médicis, un sommet dans l’oeuvre de celui qui ne craint pas d’écrire des livres… «moyens». Les honneurs ne risquent pas de le changer.

2021. Autoportrait de Tunis avec Chat de Dany Laferrière
[5 min. Poème visuel, Dany Laferrière, réalisation et scénario]

Au fil du temps…


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  • Haïti (Québec), réal. Tahani Rached, narration Dany Laferrière, ONF, 1985

  • Voodoo Taxi, réal. Carlos Ferrand, scénario D. Laferrière

  • « Le Goût du saké » de Yasujirō Ozu