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Chroniques «Brefs portraits de peintres dans leurs ateliers»
Le Nouvelliste
1973-1976
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Chroniques
Radio Haïti Inter
1973-1976
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Chroniques
Le petit samedi soir
1973-1980

Confidences de Devige Clermont (théâtre)
par Dany Laferrière
1er août 1974
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Le rôle et l’importance de la critique dans le théâtre et dans I’esthétique (théâtre)
par Dany Laferrière
1974
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Enquête sur Petit-Goâve. Trois médecins pour sauver une ville (société)
par Dany Laferrière
8 août 1974
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Fleurs et sang (littérature)
par Dany Laferrière
1974
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M. Robert «l’abstrait, j’aime pas» (peinture)
Interview accordée par Robert St Brice quelques mois avant sa mort
par Dany Laferrière
1974
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Monde moderne: une super francofête, une super francofolie… (Ville de Québec)
par Dany Laferrière
1974
Enfin — Ouf doit se dire M. Dan Dicko, le secrétaire général de l’Agence de coopération culturelle et technique du festival de la jeunesse francophone.
« Je suis mort de fatigue, je viens de passer près de quinze (15) jours sans dormir », m’a confié, harassé, M. Lamartinière Honorat, le responsable de la délégation haïtienne.
Robert Bauduy, que j’ai rencontré, ne m’a pas semblé plus solide, quoique bâti en intérieur.
Et il y a de quoi.
Tout a été grand, tout a été construit « immense » par la ville de Québec qui avait la mission de préparer le premier festival de la jeunesse francophone, organisé dans le vaste campus de l’Université Laval.
Dans l’étroit espace d’ombres et de lumières du 13 au 24 août, le monde francophone, avec ses poètes, ses artistes, ses griots, ses conteurs, ses linguistes, ses peintres du Niger, de la Haute-Volta, d’Haïti, de la Martinique, du Sénégal et de la Belgique, etc., vivait au Québec. Voyez…
557 770 personnes ont assisté à 692 activités différentes au cours du festival. 1 600 délégués venus de 25 pays animaient la Superfrancofête. On a eu le vertige en apprenant que cela a coûté la bagatelle de 1 300 000 $. À la fin pourtant, les opinions, si l’on croit le journal même du festival, ont été très différentes.
Un délégué africain : « Je suis heureux et frustré à la fois. Heureux parce que c’est bien amusant, mais frustré parce qu’on évite les vrais problèmes, les problèmes politiques… Ça suffit comme ça. »
Pour un délégué asiatique : « Au niveau culturel d’abord, ça permet aux pays francophones de se rencontrer et de faire des échanges… »
Un intellectuel haïtien qui avait participé m’a affirmé n’être pas satisfait du festival. Il n’a pas eu de contact, il n’a pas favorisé les contacts. Et — un temps — l’Afrique a été distante.
Ce qui s’est passé
Athlétisme. — Tout le monde (même les Africains) a déçu tout le monde. Haïti a été d’un très bas niveau.
Volley-Ball. — Marie Carmelle Désiré s’est fait remarquer par ses « smashes » incessantes et ses passes en or, une joueuse grande classe.
Le Cinéma en festival. — Le cinéma africain était présent. Les cinéastes africains venus en nombre du Sénégal, de la Haute-Volta ont animé cette partie du festival. Le sang des parias de Mamadou Djim Kola de Haute-Volta traitant des problèmes de caste a pu passer, mais quand cela dépassait le cadre, la censure a intervenu pour placer les barbelés — c’est le cas de dire — un « bâillon sonore ».
Dans les rencontres, les cinéastes sont restés muets (la grève du silence). L’un d’eux d’expliquer : « Il s’agissait d’une certaine fatigue morale des “cinéastes engagés” devant les manifestations de plus en plus fréquentes d’une certaine censure à plusieurs niveaux des activités et des manifestations culturelles du festival. » Ils ont fini par comprendre ce qu’on leur a demandé : « Dansez, chantez, mais ne parlez pas. »
De toute façon, l’Afrique et l’Asie ont présenté un cinéma jeune, à la recherche de sa propre expression.
La Poésie. — Si l’on a bâillonné le Cinéma dans un tout autre endroit, les conteurs, les poètes, les griots ont montré le poing et la presse canadienne a souligné : « La délégation haïtienne n’entendait pas faire une démonstration folklorique de cette soirée. » Le poète Rassoul Labuchin, par exemple, se fit menaçant et dénonça les abus dont son pays était l’objet.
Si les cinéastes ont boudé la rencontre, celle des poètes a été plus animée pour deux raisons. La première, ce sont des loustards de génie, la seconde, c’est que Richard Casavant, un poète québécois, a pensé à un arrêt à la Société des alcools : une bouteille par personne. Des poètes belges, français, québécois et haïtiens, notamment Rassoul Labuchin et Robert Bauduy. Lectures de poèmes, discussion sur la langue française, sur la politique du biculturalisme.
Théâtre et Spectacle d’Animation. — « Haïti a offert son spectacle après celui de l’Île Maurice. Un spectacle haut en couleurs et en rythmes, de “Tressé ruban”, une danse universellement connue mais typiquement haïtienne constituait un des principaux attraits de ce spectacle fort goûté », rapporte le journal du festival.
Plus tard — Pour la première fois, la salle Louis Fréchette est pleine à craquer. On est attiré par le caractère spectaculaire du programme. Madagascar a surtout mis l’accent sur ses luttes traditionnelles.
Haïti prend la relève. Un griot, M. Pierre Blain, s’acquitte merveilleusement de la présentation « malgré ses trente-huit degrés de fièvre ».
Le Festival a eu aussi son scandale : « l’affaire de l’atelier ». Une affaire de « nègres ». Les Nègres de Jean Genet ont été retirés de l’affiche. Dans une lettre au secrétaire général, le metteur en scène des Nègres déclare retirer de l’atelier les deux délégués d’Haïti et du Niger.
Que s’était-il passé ?
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Le roman en berne… (littérature)
par Dany Laferrière
1974
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À la recherche du temps posthume (littérature)
par Dany Laferrière
1974
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Port-au-Prince et ses problèmes. Une conférence de M. Philionneau (société)
reportage de Dany Laferrière
1974
[extrait] D’après M. Philoponneau, expert des Nations-Unies, nous
courrons avec une vitesse vertigineuse, tous feux éteints, vers l’apocalypse. Les problèmes de Ia ville de Port-au-Prince sont graves et en 1986 au lieu d’un développement, nous risquons de danser la danse macabre de la mort. Lecteurs, intellectuels, urbanistes, psychologues, sociologues, les colonnes du Petit Samedi Soir vous sont ouvertes pour les suggestions, les interventions qui apporteront plus de lumière a celui qui est le plus concerné: l’habitant de Port-au-Prince.
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Faire danser l’histoire (danse)
par Dany Laferrière
1974
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La Grand-Mess (conte)
par Dany Laferrière
1974
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Le temps des poètes. Un air d’autrefois (littérature)
par Dany Laferrière
1974
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À la découverte de Rassoul Labuchin (littérature)
par Dany Laferrière
1974
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Jérôme, l’esthète suridéaliste (portrait du peintre Jean René Jérôme)
par Dany Laferrière
1974
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Un décembre chaud
par Dany Laferrière
décembre 1974

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Le roi Moko (théâtre)
par Dany Laferrière
1975
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À la tour de Neste, nous n’irons pas (théâtre)
par Dany Laferrière
1975
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Les bucherons (littérature)
par Dany Laferrière
1975
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Cinéma
par Dany Laferrière
1975
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Monsieur de Vastey. Théâtre politique et historique de René Philoctète
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Consommateurs avertis, avertissez-nous!
par Dany Laferrière
1975
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Cinéma
par Dany Laferrière
1975
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Théâtre
par Dany Laferrière
1975
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L’affaire Cornelly, un crime qu’il faut punir
par Dany Laferrière
1975
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Une histoire vieille de 80 ans
par Dany Laferrière
1975
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Danser sa vie (danse)
par Dany Laferrière
1975
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Qui sont-ils ? (vie universitaire)
par Dany Laferrière
1975
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Magloire Saint-Aude, le révolté (littérature)
par Dany Laferrière
1975
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Qui sont-ils ? (vie universitaire)
par Dany Laferrière
1975
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Clitandre : l’autel des morts (littérature)
par Dany Laferrière
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Il était une fois Clitandre (littérature)
par Dany Laferrière
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Reportage : je reviens du Cap-Haïtien (société)
par Dany Laferrière
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Afro, simple question de mode
par Dany Laferrière
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Le baise main de DJ chien (musique)
par Dany Laferrière
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Amos Coulanges et sa guitare
par Dany Laferrière
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Une intéressante expérience
par Dany Laferrière
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La poésie de Marcel Dauphin
par Dany Laferrière
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Nos reporters en province
par Dany Laferrière

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Le Nord-Ouest, peu de chance
par Dany Laferrière
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Cris et chuchotements
par Dany Laferrière
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Maurice David était à Port-au-Prince (théâtre)
par Dany Laferrière
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La vierge, elle pleure à la chapelle Sixtine
par Dany Laferrière
1976
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Bouqui pas bouqui (Littérature, arts et spectacles)
par Dany Laferrière
1976
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Messe du dimanche. À Gasner Raymond
par Dany Laferrière
juin 1976 – lire dans Mes morts
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L’humour à la ronde
par Dany Laferrière
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J’ai vu mousser Prestige
par Dany Laferrière
février 1976 – lire l’article dans Le Nouvelliste
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Corruption, pouvoir, sexualité
par Dany Laferrière
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Après le spectacle (jeux olympiques)
par Dany Laferrière
juillet 1976
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Dieu, c’est qui? (littérature)
par Dany Laferrière
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La femme de César (sur le livre de Valéry Giscard Destaing)
par Dany Laferrière
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Québec, les élections (élections québécoises de 1976)
par Dany Laferrière
QUÉBEC : LES ÉLECTIONS
Après les grandes élections américaines, les élections québécoises ont duré en tout et pour tout 28 jours (du lundi 18 octobre au lundi 15 novembre 1976). C’est la plus courte de toute l’histoire du Québec qui se réclame d’un passé de 30 élections en 109 ans, soit une tous les quatre ans. Dany Laferrière, notre correspondant du Canada nous replonge dans ce climat où fermentent encore toutes les prises de position concernant l’avenir du Québec.
Pour la première fois le parti de l’opposition, le parti québécois dont le chef de file est M. René Lévesque s’est présenté aux élections dans plus de 55 comtés avec un passé riche de deux échecs (1970-1973) et une farouche détermination de gagner.
Pour la première fois le parti au pouvoir, le parti fédéral dont le chef de file M. Robert Bourassa ex-premier ministre de la province du Québec, a déclenché les élections 2 ans avant la fin de son mandat.
Pour la première fois, aussi le parti québécois est entré à l’assemblée nationale avec 69 sièges sur 110. Et M. René Lévesque devient le nouveau premier ministre de la province du Québec.
Pour la première fois aussi les multinationales (Power Corporation, Bell Canada (Compagnie de téléphone), Air CANADA (Compagnie d’Aviation) et les grandes industries de produits de première nécessité (Sears, Steinberg, Dominion, Eaton, Simpson, General Foods etc.) se sont véritablement inquiétées de l’avenir politique du Québec partagé entre un gouvernement libéral qui demeure attaché à l’ensemble du Canada dont le Québec n’est autre que l’une des neuf autres provinces et un parti québécois (P.Q.) dont l’orientation politique fait frémir avec deux options : l’autonomie politique de la province qui conservera avec le gouvernement fédéral d’Ottawa des relations économiques; ou l’Indépendance c’est-à-dire : nationalisation des multinationales et rupture avec la Reine.
Quel est donc l’enjeu?
Le Québec est la plus grande des neuf provinces du Canada (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, New-Brunswick, Nova Scotia, Colombie Britannique, Terre Neuve, Alberta). Elle peut contenir trois fois la France et sa population fait le 1/4 de la population globale du Canada (22 millions d’h.).
Elle n’est pas la plus riche mais, comme tout le Canada, elle possède des forêts et des lacs. Sa capitale: Montréal est peut-être la plus grande ville du Canada (avec Toronto) et elle est dotée entre autres du plus grand aéroport du monde, du plus coûteux village olympique du monde, du plus moderne métro, et d’un taux d’immigrants très fort.
Le Québec est aussi la seule province canadienne française.
Alors pourquoi aussi cette province qui était peut-être, il y a moins de 20 ans, la plus grande pourvoyeuse de missionnaires dans le monde, et dont l’oratoire St-Joseph et la cathédrale Notre-Dame constituaient les deux principales attractions à visiter si brusquement pour passer de la main dure et paternaliste de M. Duplessis aux raz-de-marée populaires du 15 Novembre dernier?
DE GAULLE EN 67
Ce n’est pas juste de dire que tout a commencé en 1967, quand Charles De Gaulle, invité aux « Expos 67 » fit cette déclaration pour le moins historique.
« Vive le Québec libre », qui devrait exacerber le patriotisme à fleur de peau du peuple québécois et provoquer trois ans plus tard les événements d’Octobre 70.
Il a été démontré, et cela dernièrement de façon superbe, par cet « anti-historien » qu’est Emmanuel Leroy Ladurie, que cette manière d’étudier l’histoire d’un peuple à partir des faits d’armes de ses généraux ou des discours de ses hommes d’état n’apporte qu’un éclairage très pâle à la critique des faits sociaux et cache ce mouvement profond, ce chant général, ce fleuve bouillonnant: charriant toutes les frustrations les humiliations et les inhibitions d’un peuple, ce peuple-ci qui piaffe depuis 10 ans aux portes de l’histoire.
Si De Gaulle a été bien inspiré de désarçonner les Cassandres, il n’a su que mettre l’expérience politique et l’intelligence aiguë de l’homme d’état au service de l’historien.
Au vrai, en 67 De Gaulle était tout simplement venu renforcer la francophonie en péril en Amérique dans cette Montréal, 2e ville française du monde, dont l’influence anglophone et américaine (anglo-saxonne) était devenue évidente.
LA RÉVOLUTION TRANQUILLE
Une compréhension plus intime remonterait ce mouvement populaire du 15 novembre, la « révolution tranquille ».
Il y a moins de 20 ans l’emprise d’un bedeau était inqualifiable sur la vie courante des gens de la paroisse. Sexuellement, politiquement, culturellement et forcément économiquement, le prêtre dirigeait la conscience même du Québécois. Chaque famille avait son prêtre et son religieux. C’était souvent le fils aîné. Chaque enfant avait son petit chinois, son pa-len, à sauver. La messe du dimanche manquée était le péché mortel par excellence.
La littérature québécoise était toute imprégnée de cet infantilisme religieux. Si le plus important poète québécois, Émile Nelligan, se moque des anges, c’était encore dans la ligne.
Si, aujourd’hui, Québec est connu dans le monde pour sa laïcité, il faut croire, comme on dit ici, qu’il s’est passé de quoi.
La révolution tranquille a remplacé l’église par l’école.
Dès lors que Québec était sorti du moyen Âge, il allait connaître un autre danger. Les grandes compagnies américaines et anglaises (la partie anglaise du Canada) fonçaient sur la nouvelle proie en faisant des Québécois ce qu’un célèbre écrivain d’ici appelle « les nègres blancs d’Amérique ».
LES ÉLECTIONS DU 15 NOVEMBRE
Le matin du 15 novembre, il faisait frisquet et dans la librairie un coin péquiste averti expliquait au téléphone ses craintes:
« Tout le monde est conscient que le parti libéral nous a livré pieds et poings liés aux grandes compagnies, que le chômage a augmenté, que les prix ont grimpé pendant que les salaires restent presque au beau fixe, que La Baie James, l’Hydro-Québec sont des scandales financiers etc. »
Et il ajoute tristement, « Mais comme cela se passe toujours, on aura la frousse à la dernière minute ».
À la vitrine, étalé à vue de passant le beau livre de Pierre Vadeboncoeur, paru quelques jours avant les élections.
« Un génocide en douce », une série d’anecdotes et de documents, expliquant que cette image du Québec beau, neutre, heureux est tout à fait fausse et qu’elle cache même la mort lente d’un peuple.
Montréal était nerveux ce matin de novembre. Ottawa paraissait plus calme, presque indifférent. Les gens faisaient semblant de s’intéresser à autre chose. Les jeunes un peu plus agressifs. On parle d’indépendance du Québec, de référendum et de la fédération.
Sur la rue St-Laurent, les immigrants sympathisent affectivement avec le parti québécois qui a introduit dans son corps des Grecs, des Italiens et des Juifs. M. Alfred, un Haïtien, se présente dans le comté de Papineau en proclamant qu’il va donner un peu de couleur à l’Assemblée nationale.
Pourtant la propagande libérale affirme que « si le Québec devient indépendant les grandes entreprises vont se retirer et il n’y aura de travail que seulement pour les Québécois pure laine. Les syndicats qui appuient le parti québécois, les économistes du parti Jacques Parizeau et Edgard Morin apportent un démenti formel à cette vision libérale de l’avenir du Québec. »
Le soir, la tension est au maximum quand les ordinateurs de Radio-Canada, à 8 h 30, pronostiquent une victoire péquiste à majorité écrasante.
À 10 h 30 M. René Levesque, le nouveau premier ministre, l’air étonnamment reposant, est venu rassurer le gouvernement d’Ottawa et M. Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada, en affirmant que l’indépendance du Québec sera mise en question par un référendum.
Au centre Paul Sauvé un jeune homme pleure silencieusement pendant que sa fiancée chantait.
À partir d’aujourd’hui
Demain nous appartient
Si vraiment on y tient.
Cela fait longtemps qu’ils se battent. Ils y tiennent. Et c’est si rare d’assister à la naissance d’un peuple si proche de nous et si terriblement latin.
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Georges Corvington, Port-au-Prince au cours des ans
On torture les intellectuels
par Dany Laferrière
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Hommage à Fouché. La mort de Bouqui.
par Dany Laferrière
janvier 1978 – lire dans Mes morts
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Lettre ouverte de Dany Laferrière à Pierre Clitandre
par Dany Laferrière
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Une lettre de Dany a A. Damour (littérature)
29 juillet 1980
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Chroniques
Haïti-Observateur
1984-1986
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Chroniques «La débâcle des tontons Macoutes»
Le Nouvelliste
1986
Chroniques sur la débâcle des tontons Macoutes, à la fin du régime duvaliériste.
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Chroniques
Petit journal à Quatre saison
1987

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Chroniques «100 limites»
Télévision Quatre Saisons
1988
«Briser le moule» Dans les nouveautés qui penchent surtout du côté de l’humour, la direction de Quatre Saisons mise beaucoup sur 100 Limite, un concept, nous dit André Picard, «qui brise le moule des talk-shows». Quatre reporters – Pierre Brassard, Dany Laferrière, Richard Z. Sirois et Jici Lauzon – vont passer l’actualité au peigne fin de l’humour les lundis, mardis et mercredis de 22h30 à 23h, juste après Puzzle, un nouveau jeu. Relâche le jeudi à cause du hockey des Nordiques (26 matches); vendredi un 100 Limite d’une heure avec un artiste invité qui va interpréter trois chansons avec son propre groupe, un billet humoristique d’une personnalité québécoise et d’autres choses encore.»
– Daniel Lemay, La Presse
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Télévision Quatre Saisons est une jeune télévision qui ne roule pas sur l’or. Elle doit pourtant soutenir la concurrence de Radio-Canada et Télé-Métropole. Elle réplique comme elle peut. Certaines initiatives sont discutables mais il y en a une qui pourrait fort bien recueillir les faveurs d’une bonne partie du public. C’est l’émission humoristique Sans limite. Un talk-show et une parodie de l’information télévisée qui sera à l’antenne quatre jours par semaine, du lundi au vendredi.
Nous avons rencontré cette semaine les quatre mousquetaires de 100 limite: Richard Z. Sirois (de RBO), J.C. Lauzon (Les monstres de l’humour), Dany Laferrière (qui se définit comme le seul noir en ville né d’un père hongrois et d’une mère suédoise) et Pierre Brassard (qui a quitté le Saguenay en creusant un tunnel sous le parc des Laurentides).
Il y aura vraiment de tout là-dedans: une approche rhinocéros de la politique nationale avec un zest de Croc pour l’internationale, des montages truqués, des reportages farfelus, des faux vox-populi. En studio, des invités, un artiste de variété avec ses musiciens, Chapleau qui réalisera une caricature de l’artiste. Ajoutez des ventes de garage, des encans, un correspondant à Québec qui couvre tout (l’Assemblée nationale, les Nordiques, les faits divers, les déclarations du maire…) et vous avez une vague idée du contenu.
Quelques flashes: un scandale par émission. Pourquoi Jean Coutu refuse-t-il de vendre des scies à chaînes dans ses pharmacies? Si Brian Mulroney se présente quelque part, on en profitera pour faire un reportage sur l’inauguration d’un snack-bar, juste en face. Ils veulent solliciter la participation de Hans Marotte; pour donner un cours de graffiti.
Ils ne respecteront rien, ni personne. Pas même les chroniqueurs de télévision. Là ils y vont un peu fort. Que voulez-vous… Ils sont jeunes, sans idéal et ne connaissent pas le danger.
Ils seront en ondes du lundi au mercredi de 22 h 30 à 23 h. On se passera de leur présence les jeudis mais ils reviendront les vendredis avec un show d’une heure, de 22 h à 23 h. C’est une émission qu’il faudra surveiller. Pas facile d’amuser le monde quatre soirs par semaine avec une équipe restreinte. Mais dans le passé Quatre Saisons a pris quelques risques de ce type-là et la chance l’a favorisée.
– Raymond Bernatchez, La Presse
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Télévision Quatre Saisons vient d’annoncer un remue-ménage dans sa grille horaire. Deux émissions de fin de soirée – le quiz Puzzle, animé par Michel Forget, et le show humoristique 100 limite – seront déplacées en fin d’après-midi à partir du 31 octobre et seront remplacées par un nouveau talk-show-variétés présenté par Pierre Marcotte.
Ces décisions sont étroitement reliées à l’analyse des sondages BBM pour la période du 15 au 21 septembre. 100 limite sur laquelle on fondait beaucoup d’espoir, n’atteignait guère plus de 100000 téléspectateurs les lundis et mercredis. La cote d’écoute du format d’une heure le vendredi était catastrophique avec 34000 téléspectateurs.
«En consultant les BBM, a souligné hier un porte-parole de TQS, nous avons constaté que 100 limite recrutait surtout un jeune public de 12 à 18 ans et un autre groupe de 18 à 25 ans.»
Pierre Brassard, Dany Laferrière, J.C. Lauzon et Richard Z. Sirois quitteront donc les heures de grande écoute pour continuer leur travail de 17h à 17 h 30 du lundi au vendredi.
Il n’y a rien là d’étonnant. Depuis le début de la saison, l’équipe de 100 limite n’est pas parvenue à concevoir une émission homogène et il était clair comme l’eau de roche qu’un public adulte ne marcherait pas dans une telle formule.
– Raymond Bernatchez, La Presse
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Le journaliste-auteur-humoriste Dany Laferrière va quitter 100 LIMITE à la fin du mois. «Pour des raisons strictement personnelles», nous disait-il hier. Laferrière fait partie du quatuor fondateur de l’émission d’humour «quotidien» que Télévision Quatre Saisons a lancée en septembre. Il laisse dans le deuil Pierre Brassard, Jici Lauzon et Richard Z. Sirois, des parents plus ou moins proches.
100 LIMITE avait commencé la saison en fin de soirée mais devant la faible écoute, TQS a décidé de la transférer à 17 h. Le variétés Téléfun, qui se mourait devant Fais-moi un dessin de Télé-Métropole, a été enterré dans l’opération et on a confié à son animateur Pierre Marcotte la nouvelle émission de fin de soirée, Surprise Party.
Laferrière voyait ainsi sa semaine de travail passer de quatre à cinq jours: «Du 9 à 9, c’est trop pour moi. C’est une job de célibataire».
L’auteur de Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ira à Paris pour surveiller la post-production du film du même nom qui devrait sortir au printemps, «peut-être à Cannes».
Déçu de la démotion de 100 LIMITE? «Pas du tout. Nous n’avions pas beaucoup de cotes. Mais ce n’est rien de grave: Rock et Belles oreilles a changé de case cinq fois. La place dans la grille s’améliore avec la performance. Il n’y a rien d’immuable».
– Daniel Lemay, La Presse
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«La Bande des six»
Radio-Canada
1988-1994
Rassemble six des meilleurs chroniqueurs de la presse québécoise

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Chroniques [204 chroniques]
La Presse
2002-2007
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Chroniques
Dessines-moi un dimanche à Radio-Canada
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Éditorialiste
Bazzo.tv, avec Marie-France Bazzo
2008-2009
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Chroniques Sur la petite étagère
Haïti en marche
2021
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Chroniques «Ma fenêtre» sur le racisme en Amérique
Le Nouvelliste
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Série Instant poésie
France culture
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Chroniques Hors-jeu
La Presse
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Chroniques Ma fenêtre
Le Nouvelliste
2026
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