Vieux Os : Qu’est-ce que la mort ?
Da : Tu verras.

CANADA
La fête des morts
Tome 3
Dany Laferrière
Illustrations de Frédéric Normandin
9782897143961
48 pages
Les éditions de La Bagnole
On est vraiment mort quand il n’y a personne pour se rappeler notre nom sur cette Terre.
Sur le chemin qui doit les mener à l’école, Frantz et Vieux Os croisent Vava. Dès lors, Vieux Os sait ce que signifie « mourir d’amour ». Un cortège funèbre entraîne les deux garçons jusqu’au cimetière, où règne une joyeuse atmosphère. Au terme de cette journée initiatique, où il découvre le destin que les dieux lui ont tracé, Vieux Os est habité par de nouvelles certitudes.
Dans cet Haïti de l’enfance de Dany Laferrière, la mort est un papillon qui se pose sur les yeux de ceux qui aiment, et l’amour assure la survie de ceux qui meurent.

Ce que les écoliers disent
École Lucien-Guilbault, 3165 rue Louvain E, Montréal
Jeudi 24 novembre 2022Cher Dany Laferrière,
Nous sommes des élèves de l’école Lucien-Guilbault à
Montréal. Nous sommes des élèves de 9, 10 et 11 ans.Au mois de novembre, nous avons fait un thème en
lecture sur vous. Nous avons lu La fête des morts, Le
baiser mauve de Vava et Je suis fou de Vava. Dans La
fête des morts, nous avons aimé voir que nous
pouvions faire la fête avec les squelettes des morts.
Nous avons aussi beaucoup aimé les illustrations de
Frédéric Normandin. L’histoire d’amour entre Vieux Os
et Vava nous a beaucoup plu.En lisant vos livres, nous en avons appris plus sur Petit-
Goâve, le village de Da. Nous avons découvert les arbres, la plage, les vagues et les montagnes.Nous avons quelques questions pour vous.
Théo et Ella aimeraient savoir si votre grand-mère et votre mère sont encore en vie. Xavier se demande si vous avez aimé votre vie à Petit-Goâve. Sifax voudrait savoir comment vous vous êtes senti quand Petit-Goâve est devenu trop dangereux. Et finalement, Carllens se demande si vous êtes toujours en contact avec Vava …Merci d’avoir partagé vos beaux livres avec nous !
Bonne journée !
Les élèves de Mme Maude, Sifax, Carllens, Lily-Rose, Ibrahim, Charles, Wyam, Maxence, Ella, Donovan, Théo, Colin, Xavier et Haiden.
Ce que la presse en dit
Lorsque l’angoisse apporte une myriade de questions sans réponse, c’est plutôt une fête de l’esprit. Un monde nouveau s’ouvre.
– Dany Laferrière, en entrevue avec Jade Bérubé, La Presse
29 avril 2009
Dany Laferrière: les boucles de Vieux Os

Avec l’ouvrage La fête des morts, le romancier Dany Laferrière a prêté sa plume au philosophe. Après avoir parlé aux enfants de l’amour avec Je suis fou de Vava (prix du Gouverneur général en 2006), Dany Laferrière publie un deuxième livre jeunesse traitant cette fois du mystère de la mort.
Dany Laferrière ne cache pas son enthousiasme devant ces albums illustrés par Frédéric Normandin et publiés aux éditions de la Bagnole. «J’avais quelques thèmes en tête, admet l’auteur. Je m’intéressais à l’amour qui n’est pas que mignon avec Je suis fou de Vava, mais j’aimerais aussi parler de politique. Et puis bien sûr il y a la mort que j’aborde ici dans ce qu’elle a d’angoissant et d’exaltant.»
On retrouve dans La fête des morts son alter ego Vieux Os, petit garçon curieux et émerveillé qui, entre le lever et le coucher du soleil, traversera le tunnel de la mort. «Dans la mythologie haïtienne, tous les animaux sont au courant de ce passage, s’amuse Laferrière. Les fourmis connaissent la date de notre mort, mais elles ne le disent pas tout simplement parce qu’elles trouvent que c’est un événement banal qui n’a aucun intérêt.»
Or, la mort fait peur et Vieux Os n’échappe pas à cette règle.
Bien sûr, la mort est angoissante. Mais elle peut ne pas générer une peur sale, une peur qui ne débouche sur rien. La peur sale, c’est quand la bêtise nous encercle. Mais lorsque l’angoisse apporte une myriade de questions sans réponse, c’est plutôt une fête de l’esprit. Un monde nouveau s’ouvre. Ce n’est pas la peur, c’est quelque chose de délicieux qui peut nous faire peur mais qui nous élève.
En retrouvant Vieux Os et Da, il est difficile de ne pas reconnaître l’univers du roman L’odeur du café de cet auteur qui cumule les réécritures.
Je préfère dire que je reviens sur les lieux; je suis comme cet assassin que l’on peut facilement attraper, s’exclame-t-il en riant. Il est vrai que j’avance en boucle et non en ligne droite vers un point de fuite. Je pense que notre vie n’est jamais tout à fait neuve, elle est faite de ce que l’on a ramassé sur son passage et c’est ce que nous avons ramassé qui nous propulse. Peut-être est-ce aussi une idée d’exilé, puisque je dois transporter ma mémoire avec moi et la raconter aux autres pour qu’ils soient au courant.
Le temps de l’enfance
Si le milieu jeunesse se réjouit de voir l’auteur s’intéresser aux jeunes publics, Dany Laferrière, lui, ne voit pas les choses du même oeil et le précise avec emphase.
Dans ma tête, je n’ai pas voulu m’adresser aux enfants, souligne-t-il. J’ai tout simplement changé de médium. Je pourrais aussi choisir le rap, la musique. Or, cette écriture épurée, sans concession, s’adresse aux enfants parce que c’est un langage que les enfants comprennent.
Il est vrai qu’en lisant La fête des morts, on remarque que le romancier a prêté sa plume au philosophe.
La poésie et la philosophie appartiennent aux gens qui ont du temps, c’est un art du gaspillage et de l’irresponsabilité, affirme Laferrière. Il ne faut pas avoir de responsabilités matérielles pour s’y intéresser vraiment, pour ne pas chercher à en faire quelque chose qui nous aide à vivre. C’est comme Dieu. Dès que l’on dépasse 20 ans, on ne fait que des demandes. C’est avant qu’on pense Dieu en terme d’infini.
L’esprit des enfants n’est pas encombré, c’est donc à eux qu’il faut s’adresser de la plus haute manière, poursuit l’auteur. Ils ont des années pour comprendre la moindre des choses, ce sont des individus capables de lire un livre 30 fois. On ne retrouvera jamais des lecteurs pareils! On s’inquiète à l’idée que les enfants ne pourront pas tout comprendre, alors on leur offre du prémâché. Mais la littérature n’est pas faite pour être comprise, c’est une île à aborder. C’est Robinson Crusoé!
L’auteur déplore d’ailleurs ce désir nord-américain de faire vieillir les enfants trop vite.
On chasse les enfants de l’enfance, se désole-t-il. Très rapidement, il faut les couper du berceau, de la mère, les rendre autonomes. Moi, mon enfance a duré très longtemps, je pourrais dire jusqu’à maintenant puisque j’y reviens sans arrêt. Parce que c’est à ce moment-là que l’on peut retrouver ce sens de l’essentiel…
Květuše Kunešová, Université de Hradec Králové, République tchèque, L’oiseau Bleu n°3
Juillet 2022
Le but de cet article est de traiter la thématique de la mort en littérature de jeunesse québécoise pour aboutir finalement à l’analyse d’un album – La fête des morts – de Dany Laferrière où je vais me pencher sur les questions de l’avant-mort, l’après-mort et le lieu de la mort. En conclusion j’ai été tentée de réfléchir à la réception de la thématique liée à la mort dans l’optique des genres littéraires : le merveilleux et le fantastique.
Si l’on se tourne vers les contes de fées traditionnels européens, mais aussi amérindiens ou inuits, il est possible de constater une attitude naturelle envers la mort qui se présente comme le stade ultime de la vie, après la vieillesse. Une mort violente est soit juste, en tant qu’un châtiment, soit injuste, et dans ce cas-là, elle est vengée ou glorifiée comme sacrifice, éventuellement, miraculeusement annulée. L’éthique de la mort dans les récits mythiques et merveilleux ne diffère pas particulièrement.
En cherchant le thème de la mort dans les œuvres destinées aux jeunes, outre le registre des contes de fées, l’on se heurte aux tabous qui l’accompagnaient dans le passé. Il n’était pas convenable d’attrister les petits par des problèmes d‘adultes, sauf seulement si la mort était traitée au niveau sacré ou héroïque. Notamment dans la littérature québécoise de jeunesse, la foi catholique et son éthique dominaient jusqu’aux années 1970, avant que, grâce au mouvement de la Révolution dite tranquille, l’expression littéraire ait connu une libéralisation et une ouverture sur le monde.
Le phénomène propre à tous les organismes vivants, c’est-à-dire qu’ils naissent et qu’ils meurent, est évident. C’est pourquoi beaucoup d’écrivains de littérature moderne de jeunesse essaient de présenter le thème de la mort de façon réaliste et ouverte, pourtant cette approche a subi une évolution relativement longue.
Dans son article « La mort en littérature québécoise pour la jeunesse », publié en 1987, Ginette Guindon s’est penchée sur le problème, mais ses analyses concernent notamment les œuvres qui sont parues au Canada anglais. Ayant choisi le corpus anglophone, elle argumente par le déséquilibre entre la production des différentes maisons d’éditions, le nombre de livres en anglais étant plus élevé que les livres en français. Il y a cependant des histoires d’origine québécoise que Guindon mentionne.
L’écrivain Céline Constantineau met en scène Olivier le forgeron – dans le livre éponyme paru en 1985. Quand le brave forgeron sent que la mort est proche, il veut accomplir encore un désir : avec ses dernières forces il fabrique une girouette pour la tour de l’église du village. Il quitte le monde heureux, content de son travail.
Ginette Guindon cite également le récit écrit par Robert Soulières, intitulé Ma tante Blanche (publié en 1980), où la mort est présentée comme la fin naturelle de la vie, couronnant toutes les activités de l’homme qui ne disparaît pas entièrement, mais reste toujours présent dans les souvenirs de ses proches. Parmi les histoires sur la mort mentionnées par Guindon abondent évidemment celles qui profitent de l’allégorie animale. Si l’enfant est capable de comprendre la disparition d’un animal, il peut se rendre compte des lois de la nature.
Guindon conclut ses analyses en affirmant que dans la production anglophone il n’existait pas de tabous, tandis que les auteurs québécois évitaient des motifs liés à la mort de l’homme, s’il s’agissait d’un suicide, d’une catastrophe ou d’une autre fin violente. Or, dans la littérature québécoise des dernières décennies, l’on constate un éventail thématique particulièrement riche incluant des motifs liés à la mort sous des aspects autrefois impensables.
La théoricienne de la littérature de jeunesse québécoise Dominique Demers, dans son ouvrage Du petit Poucet au Dernier des raisins (2005), présente des méthodes qu’il faut utiliser pour parler de la mort aux enfants. Elle opte pour une explication rationaliste et naturelle en admirant l’approche de Susan Varley, auteure britannique, qui a publié en 1984 un livre intitulé Badger’s Parting Gifts, traduit en français par Au revoir, Blaireau. C’est un album qui décrit la fin de la vie d’un animal, et la tristesse de ses amis qui comprennent que ce sera également leur destin. Au niveau de l’allégorie, l’explication de la mort est ainsi facilitée. Le genre de l’album se prête excellemment à ce but, et les auteurs ne manquent pas.
Or, s’il s’agit de la mort d‘un humain, la situation devient pénible. L’on pourrait cependant donner beaucoup d’exemples de livres traitant de cette thématique, parus au Québec, qui sont destinés au jeune public. La mort d’autrui, des parents par exemple, est souvent un moment décisif dans la vie du personnage qui devient orphelin et, par conséquent, doit prendre sa vie en mains. Le schéma des contes d’autrefois se reflète dans la littérature moderne : les romans qui présentent des cas pareils sont nombreux dans tous les pays. La disparition d’un proche est un phénomène qui bouleverse la vie mentale du personnage.
Dans le roman La saison des pluies (2011) de Mario Brassard, l’auteur raconte l’histoire d’un petit garçon dont le père est décédé lors d’un accident de voiture. Le livre est destiné aux enfants à partir de huit ans, mais il est plus que réaliste. Il donne l’image de la vie très dure et pessimiste parce que le lecteur est invité à s’identifier à l’enfant qui vit péniblement les moments d’obsèques et le désespoir de sa mère.
Dans la littérature contemporaine, la menace de mort concernant l’enfant même inspire des histoires présentées aux jeunes actuels sans contrainte. Il est indéniable que l’âge de la victime joue également un rôle important, bien qu’il n’efface jamais l’absurdité qui accompagne chaque décès. Car il est légitime d’employer le terme « victime », quelle que soit la cause de la mort d’un petit ou d’un jeune individu. La mort est ainsi considérée comme un mal profond, un mystère absolu et cruel. Dans de nombreux romans, les jeunes personnages souffrent ayant perdu leur amour à cause d’une tragédie qui a anéanti une vie humaine.
Certains auteurs de la littérature québécoise contemporaine ont réussi à résoudre la difficulté de faire face à la mort d’un enfant ou d’un jeune dans un texte littéraire en dépassant les frontières du réalisme. Le monde de l’imaginaire procure une évasion d’une situation sans issue, offrant une autre existence ou des vies multiples. Les lecteurs âgés de douze ans sont considérés capables de comprendre l’histoire inventée par Jocelyn Boisvert dans Mort et déterré (2008). Yan, personnage principal, est un garçon qui meurt, mais miraculeusement il est capable d’observer et sentir tout ce qui se passe autour de lui, mi-vivant, mi-mort, il raconte son histoire qui tourne à l’humour.
Le contexte fantastique peut transformer le thème de la mort en une métaphore, notamment dans le genre de la fantasy, surtout dans les livres destinés aux adolescents. Dans le roman Mort imminente (2011) de Michel J. Lévesque, le lecteur apprend que Wendy, la protagoniste de dix-neuf ans, va mourir bientôt du cancer. Elle ne désespère pas parce qu’elle est élue : après la mort, elle sauvera la Terre, elle quittera son corps pour vivre dans un monde parallèle, où elle ne sera pas malade, mais où, au contraire, elle pourra arrêter le mal instauré par le satan et sauver ainsi les habitants de ce monde.
La mort peut être considérée comme une métamorphose, si l’on admet l’existence d’un monde des esprits ou des revenants qui entourent les vivants. Selon le Dictionnaire des littératures :
«[…] des superstitions populaires reculées à la littérature la plus récente, le fantôme est la manifestation lancinante de la présence de la mort. Aux côtés du mort-vivant, du zombie, du vampire, le fantôme, le « revenant », dit que la mort est à la fois « un passage » susceptible de directions inversées et un « miroir » de la vie.»
La survie du double fait le fond de la croyance en l’au-delà de multiples cultures. La littérature québécoise pour la jeunesse a été enrichie de cette dimension notamment grâce aux auteurs d’origine haïtienne dont les œuvres sont influencées par le folklore caribéen et le vaudou.
Dany Laferrière est l’un des représentants des écrivains haïtiens et en même temps québécois, élu en 2013 membre de l’Académie française. Connu avant tout grâce à ses romans pour adultes, il est entré dans la littérature de jeunesse avec l’album Je suis fou de Vava (Prix du Gouverneur général en 2006), où il s’est associé à l’illustrateur Frédéric Normandin. La même symbiose a pour résultat l’album intitulé La Fête des morts, publié en 2009.
Dans ses livres pour la jeunesse, le thème de la mort figure dans un contexte de souvenirs qui évoquent l’île natale et son enfance. Les illustrations jouent un rôle important, souvent essentiel. Bien que l’histoire du présent livre s’appelle La fête des morts, l’ambiance décrite par le narrateur est agréable et gaie parce qu’elle est observée des yeux d’un garçon de dix ans. Il s’appelle « Vieux Os », surnom inventé par sa grand-mère qu’elle utilise systématiquement pour s’adresser à lui. Selon les superstitions haïtiennes, il ne faut pas prononcer le véritable nom de la personne car c’est quelque chose qui appartient à chacun, une partie de son intimité et une manifestation de son existence. Si quelqu’un l’entend, il peut en profiter et voler le nom de la personne.
Sur la couverture, l’on peut observer les personnages principaux, Vieux Os et sa grand-mère Da, avec leur chien Marquis, mais aussi un tombeau et une bougie enflammée. En exergue, Dany Laferrière a mis une citation de l’une de ses œuvres précédentes L’odeur du café, qui reflète souvent les mêmes moments de la vie du personnage principal. La citation en exergue – « Vieux Os : Qu’est-ce que la mort. Da : Tu verras. » – instaure une atmosphère de la mort.
La première double page de l’album montre un cimetière et un paysage en pleines couleurs tropicales. Le vert, le rouge et le violet foncé, préférés par Frédéric Normandin, évoquent le monde exotique d’Haïti, où l’abondance et la joie rayonnent, émanant de la végétation, des animaux et des humains. Les épisodes du récit sont parsemés de références à la foi haïtienne, aux revenants et aux fantômes qui relèvent de la religion vaudou.
La narration de La fête des morts est interrompue par de nombreux dialogues qui représentent presque cinquante pour cent du texte. Pour la plupart, ce sont des conversations entre la grand-mère Da et son petit-fils Vieux Os. La grand-mère a un rôle de conseiller, de mentor vis-à-vis du garçon. La vie dans la ville de Petit-Goâve se déroule selon un rituel, tout se répète régulièrement, de façon cyclique, du début jusqu’à la fin, de la naissance jusqu’à la mort. Bien qu’on ne connaisse pas le moment de sa mort, celle-ci est toujours proche parce que les esprits des morts sont partout. En observant le rythme rapide et spontané de la nature exotique, l’homme est prévenu chaque jour du caractère éphémère de son existence.
Dans La fête des morts figure un copain fidèle de Vieux Os, Frantz. Bien que sa mère soit décédée, le garçon ne montre pas de mélancolie ; au contraire, il semble que les morts puissent être utiles plus que les vivants. Ils sont capables d’aider de façon miraculeuse : la nuit, sa mère apparaît dans les rêves de Frantz pour l’aider à apprendre ses leçons pour les classes du lendemain – plus facilement que s’il était réveillé.
Les spécialistes de la religion vaudou sont d’accord pour dire que le culte des morts est toujours vivant en Haïti et dominant en comparaison avec d’autres croyances. Les revenants se montrent aux vivants quand ils veulent. La grand-mère a des visions des morts : elle raconte avoir vu un voisin récemment décédé devant sa galerie, ainsi que son chien. Elle en est persuadée : où est le chien, il y a le maître et vice versa. La grand-mère n’est pas effrayée ou étonnée par cette vision parce que, selon le vaudou, c‘est tout à fait normal.
L’interprétation des rêves dans l’album de Laferrière ne diffère pas, en certains points, de celle qui est traditionnelle en Europe : par exemple, voir quelqu’un mourir dans un rêve est considéré comme un bon signe. Dans L’odeur du café, le petit Vieux Os raconte un épisode où sa grand-mère a vu mourir quelqu’un dans un rêve. Elle a appris le lendemain que le voisin n’était pas mort, au contraire, qu‘il avait gagné au loto. Or, en même temps, sa fille est morte. Le narrateur enfantin ne fait pas de commentaire de cette tragédie parce qu’en Haïti, la mort est omniprésente. Les rêves ont un pouvoir immense en influençant la pensée des gens.
Bien que la plupart de ces histoires soient ridicules, certaines présentent des aspects morbides. Vieux Os mentionne Jérôme, son copain de classe, dont la mère décédée vient le voir chaque nuit dans ses rêves. Elle se montre comme une déesse vaudou, Erzulie, en appelant son fils à la suivre.
Dans les deux livres, La fête des morts et L’odeur du café, les épisodes où figure la mort sont interceptés par la narration naïve du garçon, qui oscille entre motifs enfantins et familiaux et éléments sérieux et tragiques comme la mort et les funérailles.
Le cimetière
Le cimetière n’est pas un lieu qui décourage les enfants. Dans La fête des morts, c’est le copain de Vieux Os, Frantz, qui invite Vieux Os à l’accompagner jusqu’à la tombe de sa mère. Les garçons volent des fleurs sur les autres tombes en souhaitant avoir un bouquet pour la maman de Frantz. En s’approchant de la tombe, ils sont terrifiés par l’accueil des morts.
Les deux garçons rencontrent un cortège de fantômes et assistent à leur fête, un drôle de carnaval au cimetière. Partout il y a des revenants, des esprits des morts. Ils ont des corps ressemblant à leur aspect vivant, mais au lieu des yeux, ils ont des papillons. Frantz explique :
« Ça leur permet de circuler dans nos rêves. Les papillons ne font pas de bruit. Ma mère m’a tout expliqué. »
Vieux Os est envieux : « T’as de la chance de connaître quelqu’un qui vit ici. Chez moi, on n’a pas encore de mort. »
Les enfants considèrent le monde des morts comme un monde parallèle qui existe à côté du monde des vivants, acceptant qu’il est possible d’échanger entre les deux. Au cimetière, les garçons rencontrent une vieille mystérieuse, quasi-sorcière, Tézina, qui attend chaque nuit son fiancé, le baron Samedi, seigneur des morts dans le panthéon vaudou. Il se montre toujours comme un cavalier effrayant, vêtu de noir, arrivant sur son cheval, accompagné de tempête et d’éclairs. Le jour, il se repose dans une vieille tombe qui doit être entretenue pour qu’il n’ait pas soif, selon l’explication donnée aux enfants.
Il est nécessaire de rendre hommage aux morts, une règle que les Haïtiens respectent depuis toujours. La grand-mère Da dit à son petit-fils que les morts sont partout et qu’il faut les saluer. Le petit-fils, toujours curieux, lui demande où tous ces morts peuvent se placer, imaginant logiquement des centaines de morts des générations précédentes.
Dans La fête des morts, beaucoup de scènes se passent devant la maison de Da ou sur sa terrasse. Dans la cour, il y a la tombe du propriétaire précédent de la maison qui voulait être enterré là où il avait habité. Quand Vieux Os demande si elle a déjà vu son esprit dans la cour, la réponse de la grand-mère est amusante : « Non, parce que je lui offre toujours du café. » Le petit-fils en déduit que le revenant est alors content.
Le culte des morts, considéré comme « chose ordinaire », n’effraie donc pas les enfants. Bien que certains revenants se montrent horribles sur les images, les enfants ne craignent pas ces personnages venus de l’au-delà. Comparé à la tradition européenne, les morts chrétiens se reposent dans des lieux séparés et leurs fantômes sont hostiles aux vivants, alors que dans les croyances haïtiennes, le revenant est accepté, voire invité.
La mort et l’amour
Dany Laferrière se plaît dans la thématique de l’amour, même dans ses livres pour enfants. Le personnage principal, Vieux Os, tombe amoureux de sa copine de classe, la jolie Vava. Le thème de l’amour donne une autre dimension au livre entier.
Dans l’épisode de La fête des morts, Vieux Os et Frantz rencontrent un revenant, Séraphina, amie de la mère de Frantz, Imelda, devant le tombeau de celle-ci où l’on peut lire :
« Imelda Beaubrun, morte d’amour à 25 ans. »
Vieux Os demande à Séraphina : « On peut mourir d’amour ? »
Séraphina : « Oh oui… »
Vieux Os : « Je ne veux pas aimer alors… pas tout de suite. »
Séraphina : « Ça ne dépend pas de nous, Vieux Os… Et puis, mieux vaut mourir d’amour que d’autre chose. »
Laferrière joue ainsi avec la langue et le cliché « mourir d’amour », donnant une dimension ironique et profonde au dialogue.
La mémoire des morts
Comment définir la mort selon Laferrière ? L’explication de la grand-mère est logique et naturelle :
« On est vraiment mort quand il n’y a personne pour se rappeler notre nom sur cette Terre. »
Être mort signifie être oublié. La mémoire des morts devient donc essentielle. Dans le dernier dialogue entre Da et Vieux Os :
« On meurt, Vieux Os, quand il n’y a plus personne sur terre pour se rappeler ton nom. »
Vieux Os répond : « Tu ne mourras jamais, Da, car je me souviendrai toujours de toi. »
L’enfant veut au moins profiter de l’indulgence de sa grand-mère même après la mort :
« Tu reviendras alors me voir dans mes rêves… Comme la mère de Frantz. »
Da répond : « Je vois… Comme ça, tu n’auras pas à étudier tes leçons pour les connaître. »
L’histoire se termine sur ces dialogues optimistes. L’attachement familial et la communication entre générations sont renforcés par ce lien métaphysique. L’absence du corps physique ne signifie pas la fin de la présence dans le monde des vivants. Laferrière émaille la narration de souvenirs et d’humour. La naïveté du narrateur se conjugue avec son intelligence, et il raconte des situations de la vie ordinaire haïtienne avec légèreté et sourire.
Conclusion
Dans tous les livres pour enfants de Dany Laferrière, le narrateur est un garçon de dix ans, Vieux Os. Au milieu de la nature haïtienne, la vie pullule, mais la mort se trouve également à chaque pas. Dans L’odeur du café, le garçon raconte sans émotion comment il observe des fourmis qui se noient après la pluie ou comment elles tuent de petites araignées bleues.
La mort est un des éléments essentiels de la religion vaudou. La spiritualité pénètre tous les secteurs de vie. Les humains sont considérés comme une espèce d’esprit. Le culte des morts engage tous les membres de la famille : il faut vénérer les morts, sinon ils peuvent poursuivre les vivants.
Si dans L’odeur du café, le lecteur prend connaissance des images de la mort et du folklore haïtien, dans La fête des morts, le récit se situe au niveau du merveilleux. Bien qu’il s’agisse d’une autofiction, beaucoup de motifs référentiels y trouvent place. Les éléments fantastiques ne sont pas effrayants mais complètent la réalité de façon organique.
Selon Pierre-Georges Castex et Roger Caillois, le fantastique se caractérise par l’intrusion brutale du mystère dans la vie réelle. Ce n’est pas le cas dans les récits de Laferrière.
L’exotisme du lieu et les phénomènes surnaturels contrastent avec la vie urbaine des enfants d’aujourd’hui. Le regard de Laferrière sur la mort, celui d’un garçon de dix ans, est précieux. La mort, présentée comme un phénomène naturel, n’est pas une fin absolue car conserver la mémoire des morts appartient aux aspects éthiques d’une société traditionnelle. C’est le message central du livre.
Dans une interview, Laferrière affirme que les enfants adorent avoir peur dans les bras de leur mère et que la mort doit être dite clairement :
« La mort, c’est concret. »
« Un des grands problèmes de la littérature jeunesse, […] c’est qu’on mâche tout. »
Essayer de cacher la mort contribue à laisser les enfants dans l’angoisse. Mais s’ils ne comprennent pas tout, ce n’est pas grave. L’imaginaire prend le relais.
– Dany Laferrière, en entrevue avec Anne-Marie Voisard, Le Soleil
20 avril 2009
La scène se passe dans le hall d’entrée du Château Frontenac. Jambe croisée dans une pose décontractée, le svelte Dany Laferrière occupe l’un des divans, absorbé dans la lecture du Nouvel Observateur, précisément un article intitulé « Il faut redonner aux enfants le goût de lire ». Ce qui nous plonge dans le vif du sujet.
Le romancier-scénariste-chroniqueur-journaliste vient de publier un deuxième livre pour enfants, La fête des morts, aux éditions de la Bagnole. L’article en question traite d’un ouvrage de Danielle Sallenave sur son expérience auprès d’élèves en difficulté (Nous, on n’aime pas lire, Gallimard).
« Ces enfants ne sont pas différents de ceux qui vivent dans des ghettos de luxe », commente l’auteur, pressé de nous ramener à ses personnages de Petit-Gôave dans son Haïti natale.
« Ils sont dans l’espace, ce qui est une grande richesse. » La mer, l’horizon à perte de vue, c’est l’univers où grandit Vieux Os, petit-fils de Da, qui est en réalité la grand-mère de Dany Laferrière. « Elle est à l’origine de toute mon oeuvre. »
Vieux Os, qu’elle a ainsi baptisé avec affection, est celui qu’on a appris à connaître dans L’odeur du café, et ensuite Pays sans chapeau, là où la pauvreté n’empêche pas les mangues mûres de tomber des arbres.
La mort
La fête des morts, qu’illustre Frédéric Normandin, ramène ces images de l’enfance. Les fruits, les oiseaux dans les arbres, un foisonnement de vie devant lequel s’émerveille l’écrivain. « Il est allé à l’essence. Il a le sens poétique. » Et si le thème est la mort, ce n’est pas triste pour autant. Les yeux des défunts se garnissent de papillons. De toute façon, « on meurt quand il n’y a plus personne pour se rappeler ton nom », dit Da.
Mais la peur? « Les enfants adorent avoir peur quand ils sont dans les bras de leur mère », observe l’auteur. À preuve, Le petit chaperon rouge. Difficile de trouver récit plus violent. Le loup mange la grand-mère.
Dany Laferrière ne croit pas qu’on doive esquiver le sujet de la mort, comme on le fait ici au point de parler des « disparus ». « La mort, c’est concret. » Les enfants peuvent comprendre. Essayer de la cacher contribue à les laisser dans l’angoisse. Mais s’ils ne comprennent pas tout, ce n’est pas grave. L’imaginaire prend le relais.
« Un des grands problèmes de la littérature jeunesse, à mon avis, c’est qu’on mâche tout. » Dans La fête des morts, dont le titre (« presque un oxymoron ») décrit bien le ton, l’auteur introduit Baron Samedi, un mystérieux personnage tiré du vaudou. Mais sans expliquer, sinon en cours d’entrevue, que « c’est le concierge du cimetière ». « Il y a toujours une tombe vide à l’entrée, c’est celle du Baron Samedi. »
Ce même baron est un « dieu paillard, il danse de manière excessivement sexuelle ». Mais pas dans le livre, où il se présente sous les traits d’un cavalier emportant « une femme en robe de mariée sur son cheval noir ». La morale, la pédagogie, dont on se croit obligé de parsemer les ouvrages pour enfants, ne sont qu’ennui, selon l’auteur, qui se défend, par ailleurs, de n’écrire que pour les jeunes lecteurs. « Ce livre s’adresse à tous. Il appartient à celui qui le lit. »
Et l’amour
La mort côtoie l’amour. Vieux Os croise Vava. C’est le coup de foudre. Il se liquéfie. Ne reste plus que les yeux… et un papillon jaune. La fête des morts précède, quant aux événements, Je suis fou de Vava, qui a valu à Dany Laferrière le Prix du Gouverneur général.
Tout ça est loin de Je suis un écrivain japonais, pensons-nous, ce roman paru en 2008 qui a une fois de plus confirmé son exceptionnel talent pour les titres frappants. Eh bien, non! Dans les deux cas, dit-il, « c’est la disparition de l’identité, le vieux rêve d’être dépouillé de tout », tel son père, mort dans l’anonymat, seul, à l’étranger. La part d’autobiographie demeure, bien que la fiction s’y entremêle allègrement.
Dany Laferrière aime surprendre, amuser ses lecteurs tout en étant plus sérieux qu’il le laisse voir. Son prochain livre, qui sortira à l’automne, chez Boréal au Québec, Grasset en France, a déjà son titre : L’énigme du retour.
La grand-mère de Dany Laferrière est encore bien présente dans ce deuxième livre pour enfants qu’il vient de publier.

Le 31 octobre n’est pas juste la fête des bonbons. Si ça vous intéresse, l’album pour enfants La fête des morts, du célèbre romancier aborde très bien le sujet.
– Anne-Lovely Etienne, 24 heures Montréal
27 octobre 2022
Dans la religion vaudou, un personnage fort important est nommé Baron Samedi. Il est le père spirituel des Guédé (esprits des morts) et siège aux côtés de sa femme Grann Brigitte, protectrice des tombes et des cimetières.
L’esprit du Baron Samedi prend vie dans la nuit du 31 octobre et les pratiquants défilent le 1er et le 2 novembre.
Dans certaines cérémonies, ils se réunissent au cimetière, dansent et chantent en l’honneur des dieux de la mort. Il y a aussi des moments de transe mystique, dans laquelle on considère que des participants deviennent possédés.
Les Guédé se foutent des conventions de la société et sont vus comme des figures provocatrices et très sexuelles. La tradition veut qu’ils enduisent même leur sexe de rhum et de piment.
Alors, vous comprendrez que la nuit de l’Halloween a une tout autre connotation lorsqu’on grandit dans un foyer haïtien ! On est loin d’une collecte de chocolats habillé en petit chien de la Pat Patrouille.
Une joyeuse fête des morts. Et pour rendre cette initiation à la mort encore plus vivante, l’univers évoqué par Dany Laferrière est campé par Frédéric Normandin dans un foisonnement de plantes et d’oiseaux qui déborde de couleurs joyeuses.
– Anne Michaud, Le Devoir
30 mai 2009
Après avoir fait son entrée dans le monde de la littérature jeunesse par la grande porte avec Je suis fou de Vava (Prix du Gouverneur général en 2006), Dany Laferrière s’associe de nouveau à l’illustrateur Frédéric Normandin pour nous offrir un nouvel album intitulé La Fête des morts.
Encore une fois, l’histoire se déroule en Haïti et met en vedette Vieux Os, personnage qui apparaissait déjà dans les romans L’odeur du café et Pays sans chapeau. Vieux Os, c’est le surnom que la grand-mère de Dany Laferrière donnait affectueusement à son petit-fils. Et cette grand-mère, de même que le décor où s’est déroulée l’enfance de l’auteur, revivent dans cet album qui initie les enfants aux croyances et rites haïtiens entourant la mort.
En suivant un cortège funèbre aux allures de parade de carnaval, Vieux Os découvre que les morts ont des papillons dans les yeux et fait la connaissance du Baron Samedi, mystérieux personnage qui tire son origine du culte vaudou. Comme « on ne meurt que lorsqu’il n’y a plus personne pour se rappeler notre nom », ainsi que grand-mère Da l’explique à son petit-fils, les vivants ont le devoir de perpétuer la mémoire des morts, peu importe qu’ils les aient connus ou non. D’ailleurs, autre preuve que la vie et la mort sont indissociablement liées, c’est en se rendant au cimetière que Vieux Os fait la connaissance de la jolie Vava, dont il tombe amoureux au premier regard…
Et pour rendre cette initiation à la mort encore plus vivante, l’univers évoqué par Dany Laferrière est campé par Frédéric Normandin dans un foisonnement de plantes et d’oiseaux qui déborde de couleurs joyeuses.
4 ans et plus
La fête des morts, de Dany Laferrière, est un pur délice pour le cœur et les yeux. Très poétique, le conte initie les enfants aux rites haïtiens et à la mort comme faisant partie de la vie, tout en célébrant la tendresse, l’humour et les premiers émois. Les illustrations colorées et détaillées évoquent la beauté d’Haïti et invitent à être regardées encore et encore. Un conte savoureux qui permet de découvrir la culture haïtienne et de plonger avec joie dans le monde des fantômes.
– Isabelle Lacroix, L’Acadie Nouvelle
11 juillet 2009
L’auteur ramène des personnages de son livre L’odeur du café. Vieux Os est un jeune Haïtien élevé par sa grand-mère, Da. Un matin, sur le chemin de l’école, avec son ami Frantz, il aperçoit un cortège funèbre. Les deux enfants le suivent et découvrent que c’est la fête des morts. Vieux Os et Frantz sont initiés non seulement aux rites de la célébration, mais ils apprennent également que la mort fait partie de la vie. La peur alterne avec la curiosité.
Très poétique, le conte offre de beaux passages. Une dame au cimetière transmet sa sagesse aux enfants.
Vieux-Os: On peut mourir d’amour?
Séraphina: Oh oui…
Vieux-Os: Je ne veux pas aimer alors… Pas tout de suite. Séraphina rit.
Séraphina: Ça ne dépend pas de nous, Vieux Os… Et puis, mieux vaut mourir d’amour que d’autre chose.
La grand-mère partage aussi sa vision de la mort avec son petit-fils.
On meurt, Vieux Os, quand il n’y a plus personne sur terre pour se rappeler ton nom.
D’une grande sagesse, elle accepte la vie comme elle est.
Vieux-Os: Ce serait extraordinaire, Da, si on pouvait savoir la date de sa mort. On ferait ce qu’on voudrait puisqu’on saurait que ce n’est pas encore le moment.
Da: Crois-moi, tu t’ennuieras vite, Vieux Os. C’est mieux la surprise.
Les illustrations, très belles et colorées, évoquent les paysages d’Haïti, avec la mer, les palmiers et les fleurs. Elles sont aussi poétiques et imaginatives que le texte, avec ses oiseaux rouges qui s’envolent et les morts qui boivent tranquillement du café. Remplies de détails, elles invitent à les regarder encore et encore.
Il n’y a pas que la mort qui est évoquée dans l’histoire. La tendresse qui unit Da et Vieux Os est touchante. Le garçon tombe aussi en amour. Alors que des personnes ont terminé leur vie, d’autres la commencent et découvrent la joie des premiers émois. Une dame dit aussi la bonne aventure à Vieux Os. « Attends… Je vois que tu vas voyager loin, très loin… Tu ne reviendras qu’à la fin. » Comme Dany Laferrière, du moins pour les voyages.
Dans l’histoire, la mort n’est jamais présentée de façon négative. La mère de Frantz est morte il y a plusieurs années, mais elle le guide et le visite dans ses rêves. Vieux Os promet à sa grand-mère de ne jamais oublier son nom, alors elle pourra vivre éternellement.
Un conte savoureux qui permettra aux enfants de découvrir la culture haïtienne et de plonger avec joie dans le monde des fantômes.



