Sur la route avec Bashō

芭蕉とともに

À ma soeur adorée

D L

Couverture France — Grasset

France

Roman dessiné

Grasset
384 pages
ISBN : 9782246828884

Trouver en librairie
Couverture Canada — Boréal

Canada

Roman dessiné

Éditions du Boréal
384 pages
ISBN : 9782764626955

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J’ai donc parcouru le monde pour ne retenir que ces images tremblotantes pareilles à des grains de poussière qui dansent dans la lumière du matin.

À première vue, on ne voit pas le rapport entre l’auteur de L’Énigme du retour et le poète japonais. D’autant qu’ils sont nés à quelques siècles d’écart. On se demande alors comment ils vont faire pour voyager ensemble. Qu’ont-ils à se dire ? Si Bashō fait parler le paysage, Laferrière interroge les visages. Ce qui les relie, c’est d’abord le fait d’être des insulaires, de savoir danser sur une terre qui tremble et ce goût immodéré des choses minuscules. Bashō est un contemplatif qui n’hésite pas à traverser le Japon pour aller voir un coucher de soleil, alors que l’univers de Laferrière est chaotique, urbain et oppressant. Il a déjà affirmé qu’il était un écrivain japonais. On ne s’étonne pas alors qu’entre Kerouac, avec qui il partage une Amérique de vitesse, et Bashō, qui va comme un escargot par les chemins étroits du nord du Japon, il ait choisi de faire la route avec Bashō.

Regard sur l’œuvre

  • Presse écrite

    Laferrière poursuit sur le chemin du roman dessiné
    Après Autoportrait de Paris avec chat et L’exil vaut le voyage, Dany Laferrière publie un nouveau roman dessiné, genre insolite qu’affectionne l’académicien. Dans Sur la route avec Bashō (Grasset), l’écrivain, au joli coup de crayon, parcourt le monde et déplore la violence qui y règne. Heureusement, certaines choses le ravissent telles que la littérature, la musique, les femmes élégantes, les cafés et les fleurs.

  • Télévision

    Chaque semaine, François Busnel présente un nouveau numéro de La Grande librairie sur France 5. Pour ce numéro, le journaliste littéraire est entouré de quatre invités pour une traversée du monde, dont Dany Laferrière.

  • Télévision

    Patrick Simonin reçoit Dany Laferrière dans L’invité de TV5 Monde.

  • Presse écrite

    Un maître du haïku
    Dany Laferrière a beau siéger à l’Académie française, cet Haïtien-là n’a jamais rien fait de façon académique. Le voilà donc qui dessine, depuis son Autoportrait de Paris avec chat (2018), sans renoncer à faire jazzer les mots. Ici, l’auteur de Je suis un écrivain japonais met ses pas dans ceux de Bashō, un contemporain de Corneille et Bossuet qui fut un maître du haïku, pour mieux lâcher des fusées comme : « Un nègre est un homme et tout homme est un nègre », « Moins je sais plus je comprends », « La douleur est toujours un roi nu », ou encore : « Quand on regarde un tableau, on doit croire qu’il nous regarde aussi. » C’est ce qui finit par se passer devant les dessins de Laferrière. Beaucoup sont des fêtes de la couleur (il a décidément l’art de rendre un feuillage lumineux). Certains frôlent l’abstraction à force d’épure ; d’autres sont figuratifs à la manière, immédiatement poétique, des dessins que savent tracer certains enfants. Laferrière a su rester un enfant. Ça doit être pour ça qu’il est un sage, qui nous fait tant de bien dans ce monde absurde.

    Grégoire Leménager

  • Presse écrite

    Avec les yeux de Bashô
    Depuis Autoportrait de Paris avec chat, en 2018, Dany Laferrière, romancier, académicien, enchante ses lecteurs avec des romans dessinés. Il aime tout faire à la main : le texte et les illustrations, lui qui ne « sait pas dessiner ». Voici Sur la route avec Bashô, une déambulation étonnée dans le brouhaha du monde, entre la chambre où se tient l’écrivain pour dessiner, les souvenirs de rencontres, de voyages, de cafés et de lectures. Bashô, maître du haïku, irrigue chaque page, en transparence.

    Isabelle Rüf

  • Presse écrite

    Laferrière voyage avec des couleurs, des rêves et des mots…
    On rentre dans ce troisième roman graphique de Dany Laferrière comme dans un bon film : dès le premier plan, on est bien. Ce livre illustré par les dessins de l’écrivain haïtien est placé sous le signe de Bashō, poète japonais : « Notre vie même est un voyage. » Et Laferrière de nous prévenir, avant d’embarquer : « Voilà une chose à laquelle je ne m’attendais pas, cette amitié avec Bashō. Je ne m’étendrai pas non plus sur cette étrange relation avec un poète mort depuis si longtemps déjà (Matsuo Bashō, maître du haïku, 1644-1694, NDLR). »

    Sur la route avec Bashō est encore plus dessiné que ses deux précédents ouvrages. Lors de cette traversée où l’on parcourt le monde, on découvre de nombreuses doubles pages colorées et lumineuses qui sont comme des tableaux. L’auteur avait exprimé un désir dans L’exil vaut le voyage : « Je voudrais pouvoir écrire avec des couleurs, des rêves, des lignes. » C’est très réussi. Ici, les mots et les dessins se donnent la main. Et Dany Laferrière révèle, une nouvelle fois, ce talent pour des tournures de phrases savoureuses, des formules heureuses — c’est un pan de son style. Aussi, ce livre illustré peut-il s’apprécier comme un recueil d’aphorismes : « C’est peut-être dans la laine angora que l’espoir du monde s’est retiré. » « Chaque livre passe par tant de mains avant d’atteindre un esprit. » « Ode au café. / Vous devez vous demander où je veux en venir… J’y arrive. Prenons d’abord un peu de café. » Ce voyage est un ravissement.

    Mohammed Aïssaoui

  • Presse écrite

    Voyage autour de Bashō

    Dany Laferrière prend la route, la plume et ses couleurs, sur les traces de son maître ès haïkus et poète japonais préféré.

    « Toute la nuit sous la ronde lune à faire le tour de l’étang » : voyez-vous ce haïku signé Bashō, poète japonais chéri de Dany Laferrière ? Dans Sur la route avec Bashō, l’auteur, à la manière de son maître ès haïkus, écrit, à la main, de courtes proses, qu’il dépose sur ses dessins aux couleurs éclatantes ou sombres, comme la vie et l’automne.

    On le sait depuis deux livres déjà : l’Académie française a élu un artiste en plus d’un écrivain. Avec le moine-poète japonais (1644-1694), l’écrivain du monde entier a cheminé pour ce troisième opus plus concentré encore et habité par un désir de lenteur, tendu entre le dedans de la chambre et le dehors.

    Que voit la petite caméra baladeuse, partie « regarder le monde et ses multiples visages », avec sa « faim de sensations diverses » ? Une actualité violente où il est bon de rappeler qu’« un nègre est un homme et tout homme est un nègre », que la terre tremble, mais aussi que les amants s’aiment dans les chambres. Où il s’agit de ne pas oublier d’admirer Moravia, Jean Rhys, Sei Shōnagon, Marie Vieux-Chauvet, écrivaine haïtienne — car le pays natal n’est jamais loin, de Legba au cyclone qui menace, et la si tendre enfance… Dans cette promenade, on écoute aussi du jazz, on croise Proust et Wilde, tout ce qui fait que « notre vie même est un voyage » : viva Bashō !

    Valérie Marin La Meslée

  • Télévision

    TLMEP : Dany Laferrière, invité chouchou

    Venu notamment parler de son quatrième roman graphique Sur la route avec Bashō, l’académicien — dans le vrai sens du mot ! — a expliqué pourquoi il se considérait comme un écrivain japonais, comme il l’écrivait déjà en 2008. « C’est une décision ! […] Comme écrivain, je viens du pays de mon lecteur. Et quand un Japonais me lit, je deviens japonais. »

    Dès les premières pages de son livre, Dany Laferrière utilise à deux reprises le mot en « n ». Opinion ou provocation ?, a demandé Guy A. « Non, c’est de la culture ! », répond-il, rappelant la révolte des esclaves, qui ont acquis leur indépendance et dont la constitution dit clairement : « tout Haïtien est d’abord un nègre ». « Ça a été fait sur le champ de bataille. […] Il n’y a pas de discours moderne qui peut enlever ce fait historique », tranche-t-il.

    Par ailleurs, il garde espoir de voir le racisme finir par reculer. « Je crois qu’on va être obligé de comprendre que c’est pas possible de juger quelqu’un sur sa couleur. C’est d’une telle bêtise que ça m’apparaît évident qu’il ne faut pas continuer à penser ainsi. »

    Sur le thème de la diversité à l’écran ou ailleurs, il fallait l’entendre parler avec passion des œuvres artistiques auxquelles on peut ajouter des couleurs, faisant un parallèle avec celles de Matisse et évoquant même Le Survenant. Ça change des quotas.

    Richard Therrien

    Dany Laferrière à Tout le monde en parle
  • Radio

    Entrevue de Dany Laferrière avec Paul Arcand dans Puisqu’il faut se lever.

  • Presse écrite

    Dany Laferrière, un académicien en pyjama

    « Notre vie même est un voyage. » Cette citation de Matsuo Bashō, moine-poète japonais et grand maître du haïku, est en exergue du plus récent roman graphique de Dany Laferrière, Sur la route avec Bashō. C’est bien à un voyage que nous convie le célèbre écrivain, autour du monde certes, mais aussi dans la chair de notre histoire, sur les notes majeures des grandes œuvres et à l’ombre des rayons persistants du soleil, un verre à la main.

    La parenté avec le célèbre haïkiste n’a rien d’étonnant : Dany Laferrière, après tout, nous a déjà confessé être un écrivain japonais. Or, Bashō est aussi maître du récit de voyage — il a d’ailleurs été traduit par Nicolas Bouvier, célèbre pour ses récits de voyage —, et c’est sur cette route poétique, peuplée de non-dits, où l’éternel côtoie l’éphémère, que l’académicien a cheminé à ses côtés.

    Dans la foulée de sa parution québécoise, Laferrière a fait halte dans une Montréal prête à éclore. Il doit après tout retrouver l’une de ses villes d’adoption, parce que, écrit-il, « le voyageur revient un jour ou l’autre sinon ce n’est pas un voyageur. » Laferrière voyage donc, mais pour lui, ce n’est pas toujours l’affaire de prendre l’avion : « On a la possibilité de bouger beaucoup plus qu’on le croit. Aragon avait cette phrase où il disait que « La vie, c’est changer de café. » Il y a des petits mouvements qui sont possibles. »

    Dans le roman, c’est Caméra qui capte le moindre mouvement — des feuilles, des corps, des astres et de la pensée. Sous les traits d’un lémurien attachant, le narrateur de ce récit contemplatif ouvre ses grands yeux sur le monde : « C’était l’idée de regarder sans jugement. Les gens, les paysages comme ils sont, sans cynisme. »

    Le vrai voyageur ne sait pas où il va

    Pour l’occasion, Laferrière a repris la plume et ses pots de couleurs. Ses mots prennent parfois la forme de l’aphorisme, d’autres se réclament d’une poésie impressionniste ou d’un grand rire à l’abri du cynisme : « Adolescent, il m’arrivait, en embrassant une fille, de voir le temps filer à si vive allure que je me retrouvais avec une femme, une vieille ensuite, et la minute d’après, un squelette. Suis-je le seul à avoir un rapport aussi intime avec le temps ? »

    À l’aube du voyage est campée cette remarque d’un maître d’hôtel de Séoul : « Mon intention n’a jamais été de comprendre le monde, ni de le changer. Simplement d’y vivre. » Il y a, croit l’écrivain, dans cette posture en apparence modeste, un magnifique engagement : « Simplement vivre dans le monde exige beaucoup plus que de vouloir le changer. C’est grandiose, en réalité. C’est l’aventure humaine. »

    Toujours généreux à déplier la mappemonde de ses inspirations, l’écrivain se fait particulièrement volubile à propos de l’héritage de Virginia Woolf, Sylvia Plath, Simone de Beauvoir et Anaïs Nin : « Il y a beaucoup de femmes diaristes dans ce livre. Je voulais faire un petit autel, si l’on peut dire, les présenter tout simplement, sans jugement, parce que j’aime bien parfois présenter des gens bien, sans plus d’explications. »

    À l’abri de la guerre, une sagesse

    Ce récit imagé traverse le monde et ne fait pas l’économie de l’actualité. Quelques avions de chasse et chars d’assaut déchirent la page : « Quand on voit la guerre, on est touché dans notre être, dans notre chair, dans notre sang, et après un moment donné, on voudrait que ça cesse. Pas parce qu’on ne veut pas que les gens meurent, mais parce que ça commence à nous embêter dans notre confort. »

    Devant ce constat terrible, Laferrière appelle un vieil ami en renfort : « Borges, un de mes écrivains préférés, préconise la courtoisie. Même celle qui consiste à fournir des arguments à notre adversaire pour qu’il nous écrase. C’est devenir l’autre pendant que l’autre devient vous. »

    Contre la violence, il cite en modèle ces fleurs qui, dans les ravages du tremblement de terre à Haïti, n’ont pas plié. Leur secret ? La danse : « C’est Nietzsche qui disait qu’il n’y a de Dieu que dansant. On ne tombe pas quand on danse. On fait corps. C’est un mouvement cosmique. »

    À défaut de savoir danser, Laferrière nous propose l’immortalité : « Pour être immortel, il ne faut pas cesser de mourir. Ce qui ne meurt pas, c’est un robot, c’est un objet. Et chaque fois qu’on meurt, on renaît différemment. C’est ce qui rend le parcours précieux. »

    L’auteur de Petit-Goâve est-il phénix, renaissant éternellement de ses cendres, ou chat, voguant d’une vie à l’autre ? Tout juste remis de son périple, il semble à nouveau prêt à reprendre forme : « Si je me connaissais bien, je n’aurais pas écrit autant de livres. Il y a d’autres mondes qui vont sortir de moi, et je les attends. »

    Yannick Marcoux

  • Presse écrite

    Voyage en montgolfière avec Dany Laferrière

    Dany Laferrière a lancé cette semaine Sur la route avec Bashō, roman graphique libre et poétique qu’il a écrit, dessiné et peint entièrement à la main. Rencontre avec un écrivain qui sait arrêter le temps.

    Dans son livre Je suis un écrivain japonais, publié en 2008, Dany Laferrière déambule dans le métro de Montréal en lisant La route étroite vers les districts du Nord, du poète japonais du XVIIe siècle Matsuo Bashō. C’est dire combien celui qui est considéré comme un des maîtres classiques du haïku l’accompagne depuis longtemps.

    « C’est toujours comme ça avec moi. Le haïku est là depuis Eroshima, mon deuxième livre, en 1987. Je fais des chemins comme ça, avec quatre ou cinq personnages de la littérature, qui sont des poissons-pilotes, qui me permettent de circuler dans le monde. Je les suis. »

    Et que lui apporte Bashō ? « Le Japon ! » Dany Laferrière a l’air particulièrement en forme en cette journée printanière, et en verve, comme toujours. Le Japon, donc, mais aussi « la brièveté », qui est « à l’opposé » de ce qu’il croit être, « mais en même temps si proche ».

    Sur la route avec Bashō est le quatrième roman dessiné de Dany Laferrière depuis Autoportrait de Paris avec chat en 2018. Un livre de 385 pages… non paginé, comme une sorte de pied de nez aux codes et de geste de liberté. « La numérotation, c’est comme fliquer la page ! Ici il y a une sorte d’infini, rien ne s’arrête. »

    Il y raconte l’histoire d’un petit personnage, Caméra, qui part à la découverte « des multiples visages du monde » et l’observe avec ses grands yeux avides. Comme Bashō qui insérait des poèmes dans son journal — « Il était poète par ponctuation » —, l’écrivain explique que les dessins sont la prose qui forme le récit, et que les courtes phrases qu’il y insère en sont l’essence, comme une sorte d’exergue.

    « Chez les poètes japonais, il y a cette facilité, cette glissade sur le fil de la vie qui crée une sensation d’intemporalité et qui m’a toujours intéressé. Tout pour faire décoller le lecteur, qu’il ait cette impression d’apesanteur. C’est une montgolfière, en fait, ce livre. »

    Un monde

    « J’ai donc parcouru le monde pour ne retenir que ces images tremblotantes pareilles à des grains de poussière qui dansent dans la lumière du matin. »

    Le livre est truffé de ce genre de bijou ciselé qu’on savoure lentement. « Qu’on me dise « je trouve ça très beau », ça me suffit ! » Pas de conseils de vie, de démonstration mathématique ou de philosophie ici, qu’une « joie soudaine et incompréhensible » qu’il aime distiller.

    Entre les ombres de l’automne et le soleil de son enfance, il y a toutes les teintes dans ce « livre-monde ». C’est aussi une occasion pour lui, un an après son Petit traité sur le racisme, de ne pas être astreint à ne parler « que de ce qui se passe là ». « Et les autres non plus ne sont pas que ça. Même un raciste n’est pas que raciste. N’en faire qu’un raciste, c’est lui enlever toute possibilité de bouger. »

    Si, d’un côté, il se réapproprie le mot qui commence par N « parce que Haïti a un copyright dessus » et qu’il tient à rappeler que « l’Histoire existe », il peut aussi réfléchir à la mort et aborder « tous ces thèmes qui n’ont rien à voir avec la question noire et blanche ».

    « Là où on m’avait repoussé comme ouvrier et comme jeune noir, on ne m’avait pas donné la chance de penser la mort comme tout le monde. Je l’ai prise. »

    Arrêter le temps

    « Quand on se regarde dans le miroir au lieu de voir un visage nous sentons passer le temps », écrit Dany Laferrière, qui comme tout le monde en vieillissant, trouve que le temps semble passer plus vite.

    « Mais en écrivant ce livre à la main, en dessinant, je ralentis le temps. Je crée un espace extrêmement vivant qui me permet de vivre les jours sans les compter. »

    Et d’arrêter le temps ? « Et de ne plus le nommer. Le livre où les pages ne sont pas comptées, c’est un livre où la succession de pages, comme les jours, n’existe pas. Donc le temps n’existe pas. »

    Comme quand il avait 10 ans à Petit-Goâve, et qu’il observait les fourmis pendant que sa grand-mère buvait son café sur la galerie. Des décennies plus tard, il adopte « la même posture attentive » en peignant des feuilles d’arbre, et retrouve la même qualité de vie à travers cette précision, en attendant l’été.

    Puisqu’il écrit aussi que « le voyageur revient un jour ou l’autre sinon ce n’est pas un voyageur », on demande à Dany Laferrière quel est l’endroit où il se considère comme « de retour ».

    « Dans un livre », répond-il.

    « Mon pays de plus en plus, c’est la bibliothèque. On dit qu’on est chez soi là où on se sent à l’aise. Je me sens à l’aise quand j’écris. Je n’ai besoin que de quelques livres, une dizaine d’auteurs. Et une fenêtre, pour parfois me déplacer et aller voir la couleur du jour. Et voilà. »

    Josée Lapointe

  • Presse écrite

    Sur la route avec Bashō : inspiré par les haïkus japonais

    Inspiré par les haïkus du poète japonais Bashō, par ses voyages, ses souvenirs, ses questionnements et ses constats, Dany Laferrière propose un grand voyage entre les mots et les illustrations. Au fil des pages, le lecteur retrouvera avec bonheur ses réflexions profondes et justes, ses traits d’humour, ses illustrations au feutre et à l’encre de toutes les couleurs.

    En entrevue, Dany Laferrière explique que ce qu’il aime le plus dans les haïkus de Bashō, un auteur qu’il a découvert il y a plus de 40 ans, c’est le fait que la brièveté n’exclut pas l’élégance, ni la poésie, ni une certaine lenteur.

    « J’aime qu’on ait trouvé une forme qui va avec mon goût de l’observation de choses si minuscules qu’elles semblent invisibles, et ce sens du silence proche de la méditation. »

    L’écrivain raconte être tombé sur un livre de Bashō il y a une quarantaine d’années, chez une amie. « J’ai eu un choc en le lisant, car c’était la première fois que je lisais quelque chose de ce genre. Il n’y a que Borges qui avait provoqué en moi un pareil bouleversement. Je me suis demandé comment le poète avait fait pour tout mettre dans trois vers brefs. Étant quelqu’un qui aime travailler à son rythme, qui croit que tout est toujours trop surchargé, j’avais la certitude de trouver un maître qui répondait enfin à mes interrogations esthétiques et poétiques. »

    Se fondre dans le paysage

    Dany Laferrière dit avoir voulu partager son goût de la route et du voyage, mais aussi le sentiment de se fondre dans le paysage.

    « Mais je ne suis pas Bashō, qui a atteint un sommet dans cette forme. Et contrairement à beaucoup de poètes occidentaux intéressés par le haïku, je ne cherche ni à imiter Bashō ni à faire des haïkus. Je veux exprimer des sentiments dans une musique personnelle en utilisant une rythmique particulière. »

    « Bashō parle d’un paysage naturel, verdoyant, je décris des zones urbaines surpeuplées, oppressantes, et poétiques à leur manière. C’est précisément en prenant un chemin si différent que je me sens proche de Bashō. »

    « Le livre s’est construit au fil de mes émotions et surtout de mes intuitions. C’est ce qui permet aux fulgurances de fuser. Après un rapide premier jet, j’ai pu passer un temps plus long au montage. Et là, on désherbe. Il faut enlever jusqu’à atteindre l’os. On doit trouver le moyen de glisser le temps avec tout son poids tragique dans une petite capsule. »

    Feutre et encre

    Pour ses livres précédents, Dany Laferrière avait mené son exploration avec le feutre. Cette fois, il y a ajouté l’encre, de toutes les couleurs.

    « Il faut d’autres ingrédients, pas toujours matériels, pour faire un livre. On navigue à vue la plupart du temps, comme un bateau pris dans une tempête. Une vie de poète comme celle de Bashō est une succession de malheurs avec le bonheur de faire plaisir à un lecteur qui n’est pas encore né au moment de l’écriture du poème. »

    Marie-France Bornais

  • Télévision

    L’esprit agité de Dany Laferrière

    L’écrivain et membre de l’Académie française est un homme très occupé, et la littérature prend une grande place dans sa vie. Entre ses lectures, ses entrevues et ses voyages, il vient de publier Sur la route avec Bashō.

  • Presse écrite

    Après Autoportrait de Paris avec chat et L’exil vaut le voyage, celui qui affirme être un écrivain japonais nous revient avec de nouveaux dessins dans Sur la route avec Bashō. L’ouvrage, qui se lit davantage comme un recueil que comme un roman, fait voyager le public aux quatre coins du monde — le plongeant dans l’univers bien connu de l’académicien : celui qui est bercé par la littérature, la musique et le café, mais surtout par un regard profond et actuel sur le monde. Qu’on soit charmé ou non par les illustrations de Dany Laferrière, on admire ses portraits, ses paysages et les formes qu’il peint à travers les pages. Des œuvres qui, tout comme ses mots, respirent à la fois la fougue et la sagesse d’un grand artiste.

    Léa Harvey