Je suis fou de Vava

🏆 Prix du Gouverneur général du Canada

Chère Jennifer, il y a longtemps, très longtemps, j’étais un petit garçon de 10 ans follement amoureux de Vava. Aujourd’hui, je suis un homme de plus de 50 ans, et je suis toujours amoureux de Vava. L’amour est éternel.
D L

Cher ami que je ne connais pas encore,

Tu as peut-être mon âge, et tu vis aussi avec ta grand-mère, dans une petite ville de l’autre côté de la mer des Caraïbes.
Souvent, je rêve de toi et me demande ce que tu fais.
Ici, je suis avec ma grand-mère Da. Tout le monde l’appelle Da. Da tout court. Moi, c’est Vieux Os.
J’habite à Petit-Goâve, où il y a des montagnes qui montent jusqu’au ciel. La mer turquoise et chaude s’étend au bout de ma rue.
Vava c’est mon soleil.
Je t’envoie cette lettre par mon complice, l’oiseau noir, pour te raconter l’été de mes dix ans.

Dany Laferrière

Ps: J’ai aussi beaucoup d’amis, mais c’est Marquis (mon chien) mon meilleur ami.

Vieux Os est amoureux de Vava. Cet amour lui donne la fièvre. Est-il incurable ? Dany Laferrière s’est inspiré de son roman L’odeur du café pour créer, avec Frédéric Normandin, cet album considéré dorénavant comme un incontournable de la littérature pour la jeunesse.

Regard sur l’œuvre

Je suis fou de Vava , c’est l’histoire d’amour de Vieux Os et Vava, superbement illustrée par Frédéric Normandin, qui sait rendre la chaleur et les odeurs de l’imaginaire de Laferrière.
Le Droit
10 septembre 2005

L pour Laferrière

Dany Laferrière campe l’action de son premier titre jeunesse, publié aux Éditions de la Bagnole, dans le décor de Petit-Goâve que les adultes qui ont lu L’odeur du café reconnaîtront. Je suis fou de Vava , c’est l’histoire d’amour de Vieux Os et Vava, superbement illustrée par Frédéric Normandin, qui sait rendre la chaleur et les odeurs de l’imaginaire de Laferrière.

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Même si l’histoire se passe en Haïti et que ce jeune illustrateur québécois n’y a jamais mis les pieds, moi, j’ai fait confiance. Après tout, on a tous eu une enfance. Je lui ai dit de faire son enfance avec ses images. Comme quoi, les cultures peuvent se mélanger !
Dany Laferrière

Un premier recueil pour enfants
Dans un tout autre ordre d’idées, abordant ses oeuvres en devenir, Dany Laferrière parle non seulement d’un prochain roman qui devrait s’appeler À l’horizon des fièvres, mais également de Je suis fou de Vava … sa première histoire destinée aux enfants. Inspiré de L’odeur du café, paru en 1991, le texte portera sur l’enfance et sera illustré par Frédéric Normandin.
Visiblement excité par cette première, Dany Laferrière raconte que « même si l’histoire se passe en Haïti et que ce jeune illustrateur québécois n’y a jamais mis les pieds, moi, j’ai fait confiance. Après tout, on a tous eu une enfance. Je lui ai dit de faire son enfance avec ses images. Comme quoi, les cultures peuvent se mélanger ! »

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Dany Laferrière offre un regard exceptionnel sur Haïti et sa culture
– Rémy Charest, Le Soleil
14 mai 2006

Ailleurs, c’est mieux de l’intérieur
Il n’est pas toujours simple de faire connaître et de comprendre la vie de ceux qui vivent ailleurs, qui ont une autre culture et d’autres façons de penser. L’effort devient souvent pédagogique et lourd puisque tout doit être expliqué et mis en contexte. Quoi que…

Dany Laferrière démontre bien qu’une autre voie est possible avec un livre charmant et magnifiquement coloré par les illustrations de Frédéric Normandin. Je suis fou de Vava , publié par les toutes jeunes Éditions de la Bagnole, dirigées par Martin Larocque et Jennifer Tremblay, nous permet en effet de découvrir l’univers d’un petit enfant haïtien de façon très simple et imagée, en montrant les choses de l’intérieur plutôt qu’en les expliquant de l’extérieur.

C’est ainsi que l’on voit les enfants jouer dans un champ où Oginé, le palefrenier, attache ses chevaux. Que l’on voit Da, la grand-mère de notre héros, surnommée Vieux Os, arroser les briques de la galerie. Que l’on suit le notaire Loné, dont la pluie semble incapable d’atteindre le complet blanc, pour le plus grand émerveillement des enfants. Ou encore, qu’on lit une phrase comme : « Tout le monde à Petit-Goâve sait que Passilus, le boucher, se transforme en cheval après minuit. » Les choses, tout au long, sont présentées comme telles, sans explication indue. Et on s’y retrouve très bien comme ça.

Inspiré de l’enfance de l’auteur, Je suis fou de Vava est aussi l’histoire de l’amour transi de Vieux Os pour la jolie Vava, un amour qui le prend si fort que son coeur lui sort de la poitrine (littéralement, grâce au superbe travail de l’illustrateur).

Le fil conducteur est là, mais, pourtant, on en apprend beaucoup plus que ça. En suivant un récit, un monde personnel, on entre d’autant plus facilement dans cet univers de soleil brillant, de pluies diluviennes et de nuits noires et inquiétantes, d’écoles, de docteurs et de guérisseuses, d’amitiés et de bagarres. On y voit, on y sent la vie, bref, sous les couleurs particulières qu’elle peut avoir à Haïti.

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Je suis fou de Vava n’est pas un conte pour enfants, c’est un regard aimant posé sur une enfance à Haïti. Une manière tendre de raconter un pays et ses gens.
– Sonia Sarfati, La Presse
16 juillet 2006

Dany Laferrière n’avait pas encore mis son grain de sel en littérature jeunesse. Celui qui chronique, qui filme, qui écrit, qui « porte-parolise » et qui sillonne la planète ne pouvait, un jour, qu’accoster sur ce rivage. C’est chose faite avec Je suis fou de Vava, album joyeusement illustré par Frédéric Normandin dans lequel on retrouve le bon vieux Vieux Os… mais âgé de 10 ans. Vivant avec Da, sa grand-maman, à Petit-Goâve. Amoureux de Vava. Jaloux de Frantz. Philosophe sous la pluie. Inquiet devant la mer. Et ainsi de suite. Je suis fou de Vava n’est pas un conte pour enfants, c’est un regard aimant posé sur une enfance à Haïti. Une manière tendre de raconter un pays et ses gens. De les faire découvrir en préférant la simplicité du vécu au pédagogique. Des vacances par procuration, quoi!

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J’ai fait ce livre parce que je trouvais que ce genre d’imaginaire manquait à Montréal, a commenté l’auteur. Je me demandais toujours où les mères haïtiennes qui ont envie de montrer des images de leur enfance, de leur pays à leurs petits-enfants et enfants ou à d’autres pouvaient bien trouver les livres.
– Dany Laferrière, La Presse
21 novembre 2006

De son côté, c’est avec sa première oeuvre jeunesse portant le titre de Je suis fou de Vava que Dany Laferrière mérite son premier prix du Gouverneur général.

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Selon le jury du Prix du Gouverneur général, « avec Je suis fou de Vava, Dany Laferrière plonge au coeur de son enfance et de la culture haïtienne par l’évocation naïve et sensible du sentiment amoureux. Tout empreint de poésie, son texte a le grand mérite d’inciter au rapprochement des cultures. Le parfait équilibre entre le texte et l’illustration en fait un livre savoureux comme un plat de fruits frais. »
– Courrier Bordeaux-Cartierville
26 novembre 2006

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C’est plus qu’un livre, en fait, puisqu’il rassemble toute mon âme enfantine.
– Dany Laferrière, en entrevue avec Le Droit
15 décembre 2006

L’âme enfantine rassemblée de Dany Laferrière

« C’est mon livre qui me touche le plus, a décrété d’entrée de jeu Dany Laferrière. C’est plus qu’un livre, en fait, puisqu’il rassemble toute mon âme enfantine. »

De passage, hier, à Ottawa, où avait lieu la soirée de lecture publique des lauréats des plus récents Prix du gouverneur général en littérature dont il faisait partie, Dany Laferrière se disait étonné, mais surtout ému de l’accueil réservé à Je suis fou de Vava. Publié aux Éditions de La Bagnole, cet album jeunesse, superbement illustré par Frédéric Normandin (qui s’est lui aussi trouvé en lice pour un Prix du gouverneur général, un doublé plutôt rare), relate l’enfance de Vieux-Os qui, à 10 ans, est amoureux transi de la jolie Vava. L’action se déroule à Petit-Goâve, où Vieux-Os vit entouré de sa grand-mère, Da, et son chien Marquis. Un Vieux-Os qui ressemble un peu, beaucoup à celui que Dany Laferrière était, à 10 ans.

« C’est l’enfant que je pense que j’ai été, toujours seul même entouré… La seule relation que j’avais, à l’époque, c’était vraiment avec ma grand-mère », a raconté le cinquantenaire, en feuilletant doucement son livre.

Dany Laferrière a puisé dans son roman L’Odeur du café pour ainsi réécrire une partie de sa jeunesse. Cette démarche de réécriture de son oeuvre s’avère sa manière à lui d’avancer. « Est-ce parce que je suis un exilé ? Je ne sais pas. Mais l’exilé est habité par l’idée du retour et pour ma part, je n’ai pas peur de revenir sur les lieux déjà visités, explorés, a-t-il fait valoir. J’ajoute une pièce par-ci, une tour par-là, comme un architecte. Pour y arriver, j’aime cependant changer de modes d’expression. »

D’où le charme de raconter, sans complaisance aucune, une histoire d’amour teintée de magie aux enfants, sans pour autant croire « aux différences d’âges ». « Je ne crois pas qu’un enfant sache qu’il tient un livre jeunesse dans ses mains quand il lit. Il tient un livre, point. »

Pour l’auteur d’origine haïtienne, Je suis fou de Vava s’avère des plus importants. D’abord pour les parents et grands-parents haïtiens ayant immigré en Amérique du Nord, « qui n’arrivaient pas à raconter leur enfance, étant donné que les seules images qu’on a ici d’Haïti sont celle d’un pays constamment dévasté ». Ensuite, pour les enfants d’ici, « qui peuvent voir ce monde-là et le partager. C’est à ce moment de l’enfance que notre imagerie se forme. »

« Je veux fixer cet univers à travers un bouquet de quatre ou cinq livres, en jouant sur d’autres thèmes, pour peut-être changer l’idée qu’on se fait d’Haïti, a-t-il renchéri. Ce n’est pas seulement un pays qui attire la pitié. C’est un monde plein de magie et de couleurs, comme le prouve ce livre. »

Dany Laferrière a d’ailleurs été intéressé par le mode opérationnel de la création d’un livre jeunesse, qui combine le visuel au textuel. Là aussi, il a voulu jeté des ponts entre le Sud et le Nord : il a demandé à son éditrice de confier l’illustration de Je suis fou de Vava non seulement à quelqu’un qui n’avait jamais mis les pieds en Haïti, mais à quelqu’un qui ne connaissait pas nécessairement son oeuvre non plus. « J’ai remis un exemplaire de L’Odeur du café à Frédéric Normandin et lui ai dit de peindre ce qu’il voyait, ce qu’il ressentait. Je ne voulais pas lui imposer mon texte, afin de lui donner toute la liberté dont il avait besoin. J’ai donc raconté ses images », a expliqué l’auteur.

Fils d’un pays où les peintres sont fort nombreux et où l’art naïf est foisonnant, Dany Laferrière n’a que de bons mots pour Frédéric Normandin. « Il a su rendre une essence d’Haïti à travers ses illustrations, qui ont d’ailleurs récolté l’approbation des Haïtiens d’ici ! » a-t-il mentionné, le sourire aux lèvres.

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Il est si amoureux qu’il tremble à sa vue et que son cœur, quand elle le regarde, tombe littéralement par terre.
– M S, L’humanité
20 janvier 2011

Un amour couleur d’enfance à Haïti

Un joli texte de Dany Laferrière, de fraîches images de Frédéric Normandin.

Je suis fou de VaVa,

C’est un enfant d’Haïti vêtu de bleu. Il s’appelle Vieux Os. Il vit heureux avec sa grand-mère Da, et son chien Marquis, à Petit-Goâve, où les montagnes touchent le ciel. Il est amoureux de Vava, une petite fille à la robe jaune « comme une flamme qui se promène dans un champ de maïs ». Il est si amoureux qu’il tremble à sa vue et que son coeur, quand elle le regarde, tombe littéralement par terre. C’est les vacances scolaires. Les garçons quittent l’école en courant. En face, à l’école des filles, fraîchement nattées, ont dit calmement au revoir à la religieuse blanche qui sert d’institutrice. Au milieu des flamboyants, le jeune héros s’amuse comme un petit fou. Il joue au ballon avec ses copains jusqu’à la tombée du jour devant l’eau verte où passent d’énormes cargos. Il hume l’air du soir sur la terrasse que sa grand-mère arrose. Ce livre de Frédéric Normandin, à destination des petits, est franchement délectable. Le trait est délibérément naïf comme dans ces dessins d’enfants gorgés de couleurs et emplis de détails, lézards aux doigts adhésifs plaqués sur les murs, gros canards au bec jaune et poissons d’un seul coup de crayon… Dany Laferrière écrit en début d’ouvrage : « Il y a longtemps, très longtemps, j’étais un petit garçon de dix ans follement amoureux de Vava. Aujourd’hui, je suis un homme de plus de cinquante ans, et je suis toujours amoureux de Vava. L’amour est éternel. »

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Un livre que j’adore lire aux enfants la journée de distribution des livres… Ç’a toujours beaucoup de succès!
– Jessica Émond-ferrat, Le Métro
14 novembre 2012

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Le club des petits lecteurs de Je suis fou de Vava

L’AMOUR RACONTÉ AUX ENFANTS

PETIT-GOÂVE

VACANCE

RELATION GRAND-MÈRE ET PETIT-FILS