Citations · Instant présent

Je suis cet enfant qui change tout le temps ses histoires. Aucun respect pour les formes. Aucune loyauté envers les faits. Et la logique en prend parfois pour son grade.

Rue Rigaud, métro Sherbrooke, près de la librairie du Square · Montréal · 8 septembre 2026 © Archives Laferrière

C’est un ami qui avait rapporté, à Port‐au‐Prince, au début des années 70 le roman de Márquez, Cent ans de solitude. Dès la première phrase, j’ai reconnu un univers que je croyais perdu, celui de mon enfance quand tout était neuf à mes yeux, même la mort.

Avec Lyna El Boukhari [thèse] · avenue Bourguiba, Tunis 2021 © Archives Laferrière

On n’est d’une ville que quand on n’a plus besoin de la regarder pour la voir.

Visite du chantier de la future station de métro Vertières (Montréal) 3 sept. 2025 © Archives Laferrière

C’est avec le rêve qu’on fait les gens. Si on ne rêve pas, on ne se réveille pas.

Devant une partie de son œuvre · Palais des congrès de Gatineau, 2026 © Archives Laferrière

Peut-être que lire et rêver comme penser et dormir ne servent qu’à faire baisser l’intensité du bruit dans le monde.

100 ans de conférences à Monaco au Théâtre des Variétés, 16 janvier 2023

Nous avons deux vies. Une qui est à nous. La seconde qui appartient à ceux qui nous connaissent depuis l’enfance.

avec Alendy Almonor de Sakapfet, Auberge du Picolet, Cap-Haïtien, juillet 2026

J’ai fait, il n’y a pas longtemps, une terrible découverte : l’intelligence ne vous met pas à l’abri de la souffrance.

Les écrivains membres du jury du Grand Prix des Amériques. De gauche à droite : Eduardo Manet, Ernest Pépin, JMG Le Clézio, Daniel Picouly et Alain Mabanckou, Guadeloupe. Manquent Maryse Condé et Dany Laferrière.

Sa renommée a traversé aisément deux millénaires, et reste à jamais associée à ses amis poètes.

Avec Darline Alexis de l’Université d’État d’Haïti, Montréal · 28 août 2026 © Archives Laferrière

Mon présent est un concentré de passé et de futur.

Rue Saint-Hubert, Montréal · 12 août 2026 © Archives Laferrière

La Terre tourne autour du Soleil tout en tournant sur elle-même, et on s’étonne que j’aie le vertige.

Boulevard René-Lévesque, Montréal · 22 août 2026 © Archives Laferrière
Le Chat Le narrateur

J’ai tout laissé mijoter pendant des mois. Puis j’ai mis les épices pour colorer les émotions. Et j’ai recouvert la marmite à nouveau. La cuisson semblait bonne. Quelqu’un est alors entré en s’écriant: « Oh la la, ça sent bon ici! »

Cap-haïtien, juillet 2026 © Archives Laferrière
Le Chat Le narrateur

– Où vas-tu ?
– Nulle part.
– Joli coin.

Écrire à Miami, 1992 © Archives Laferrière

Le roman est un art bourgeois qui exige une table et du temps. Il s’écrit beaucoup quand on n’écrit pas. Car il faut d’abord le rêver.

Avec Patrick Vilaire (1941-2026), à l’Hôtel de Ville de Paris · 26 mai 2015

Je ne ressens aucun malaise à parler de la mort avec Vilaire ou même de sa mort, car la mort est une obsession dans son œuvre (Baron Samedi, Le fossoyeur). Les diverses représentations de la mort, et le vaudou en regorge, c’est pain béni pour un pareil curieux. Cette curiosité le rend impatient, vif, rapide, toujours en mouvement, en un sens le garde dans l’enfance.

Rentrée littéraire 2026 © Archives Laferrière

Le narrateur te ressemble, mais c’est une erreur de croire que c’est toi : tu es fait de chair et de sang et, lui, de lettres et d’encre.

Terrasse de l’hôtel Montana, Haïti © Archives Laferrière 2026

Qui veut accrocher dans son salon ce qu’il peut voir par la fenêtre ?

«La victoire à Vertières, le 18 novembre 1803, des esclaves révoltés sur les armées françaises marqua la fin du régime colonial à Saint-Domingue.» © 2026, Archives Laferrière

C’est simple : pour empêcher un Haïtien de rêver, il faut l’abattre.

Un après-midi de juillet dans Villeray © Archives Laferrière

Montréal a le plus bel été du monde, car c’est un été qui a connu l’hiver.

Hommage à Dany Laferrière, de l’Orchestre Septentrional à l’occasion de son 78ᵉ anniversaire. Place d’Armes, Cap-Haïtien, nuit du 22 juillet 2026 © Sakapfet et Cap-Haïtien News

Chacun porte en soi la même somme d’énergie à dépenser sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour brûler est plus bref.

Pluie de fleurs sur Dany Laferrière, Petit-Goâve, 19 juillet 2026 © Patrick Hillaire

J’ai passé mon enfance à Petit-Goâve, à quelques kilomètres de Port-au-Prince.

avec l’écrivain Lyonel Trouillot en causant de deux jeunes poètes Laurie N. Boucher et Alphée

Le poème
exil debout

La femme est sortie du poème.

De femmes et d’ailes

Expo Haïku en Haïti, aux Ateliers Jérôme, jusqu’au 24 juillet 2026. 46, rue Rebecca, Pétion-Ville.

Ce n’est pas parce qu’on a souffert qu’on a raison sur tout. Ou qu’on doit faire souffrir les autres. Nous ne devons pas placer notre douleur au cœur de la vie. Elle est plutôt sa rivale.

À la Direction nationale du livre, devant un tableau de Dubréus Lhérisson, en compagnie de l’artiste Guyodo, ainsi que l’épouse de Frankétienne.

Les peintres de Saint-Soleil ont révélé à Malraux le chemin secret qui mène à la mort sans passer par d’inutiles souffrances. La sainte nuit pose ses fesses sur la ville.

Accueil chaleureux dans les ateliers du doyen de l’Institut d’Études et de Recherches Africaines (UEH), Sterlin Ulysse, en compagnie des artistes Celeur, et Guyodo, ainsi que de l’artiste chanteur Erol Josue.

Ces gens qui portent leur douleur avec une telle grâce possèdent un sens de la vie qu’il serait dommage d’ignorer.

Entrevue avec Frantz Duval du Nouvelliste «C’est la saison des mangues et des avocats, Dany Laferrière revient en Haïti.», 10 juillet 2026 @ Archives Laferrière

La mangue du midi est la grâce du jour.

Place des arts, 5 juillet 2026

Je commence à regretter le temps où je n’avais ni gîte ni couvert. Quand tu n’as pas d’adresse, c’est toute la ville qui t’appartient.

Un artiste à la Martinique © Archives Laferrière

Mon œuvre est comme un puzzle dont je ne connais pas encore toutes les pièces, mais qui, peu à peu, dessinent un visage. C’est ce que j’aimerais qu’elle soit, au bout du compte. Au-delà de la provocation, de la timidité, de la pudeur ou de l’éclat, j’aimerais qu’elle définisse mon visage. Que je puisse dire ceci : celui qui touche à mes livres touche à l’homme.

Dany Laferrière et Frédéric Vitoux au Port Hercule, à l’occasion de la remise des Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco. © Nicole Chardaire

Comment peux-tu aller dans la vie sans même prendre une tasse de café !

Expo haïku © Dany Laferrière

Bashō parle d’un paysage naturel, verdoyant, je décris des zones urbaines surpeuplées, oppressantes, et poétiques à leur manière. C’est précisément en prenant un chemin si différent que je me sens proche de Bashō.

Le geste parfait © Archives Laferrière

Je remarque qu’après une forte mais brève pluie les gens semblent plus heureux.

Miami, 2025 © Archives Dany Laferrière

Danger public

Je me demande souvent ce qui se passe avec les policiers qui n’ont pas ce fond raciste qui permet de frapper un type menotté, allongé par terre, entouré par une escouade d’hommes au bâton levé? Ne pensent-ils pas d’abord que c’est une forme de lâcheté? Je me souviens d’une époque, pas si lointaine, où on ressentait un certain malaise à frapper quelqu’un qui ne pouvait pas se défendre. Je suis sûr qu’il y a un entraînement où on se met à plusieurs sur un seul type. Est-ce courageux de cacher l’homme en sang à la vue des passants pendant que des collègues font le boulot? Je suis sûr que tous les policiers ne sont pas ainsi, et qu’il y en a qui vomissent en regardant de telles scènes aux nouvelles. Il faut à tout prix redresser ce corps de métier qui semble avoir perdu une part de sa fierté et s’apprête à perdre le respect du public. La police ne doit pas être un danger public.

Sophie Faucher dans Pour une fois. © Catherine Bilodeau / Télé-Québec

Il y a au moins dans chaque ville un écrivain et un lecteur. Chacun active ses neurones dans son coin. Ils n’ont pas besoin de se rencontrer pour être ensemble.

— D L

Un certain art de vivre

Alain Aspect, entouré de ses deux parrains, Barbara Cassin et Dany Laferrière © Académie française

On ne cherche pas la nostalgie, c’est elle qui nous retrouve sur les chemins poudrés de la mémoire.

— D L

L’art presque perdu de ne rien faire →

Les douze Secrétaires de la Conférence du Barreau de Paris (1er juin 2026) © Archives Laferrière
Des élèves du Collège d’Alma du Saguenay–Lac-Saint-Jean en visite à l’Académie française, jeudi 29 mai 2026 © Académie française

Me voilà, avec pour toute fortune au fond de ma poche, les vingt-six lettres de l’alphabet.
D L Journal d’un écrivain en pyjama →

Gare du Nord, Paris, 20 mai 2026 © Djeananhe Maculov Mentor

On a tous nos angoisses. Il faut savoir avec lesquelles on accepte de passer la nuit.
D L Chronique de la dérive douce  →

Exposition Cœur nomade sur le Pont des arts, avril 2024 © Dany Laferrière

Les couleurs et les formes racontent ma vie mieux que les lettres.
D L Grand Intérieur rouge  →

Matisse et moi © Peinture de Dany Laferrière

Ce tableau m’attire pour d’autres raisons qu’artistiques… Peindre est une cérémonie mystique et regarder, c’est participer.
D L Grand Intérieur rouge  →

Visite de l’exposition Matisse, au Grand Palais de Paris, 15 mai 2026 © Dany Laferrière

On est vraiment mort quand il n’y a personne pour se rappeler notre nom, sur cette terre.
D L La fête des morts  →

© Dany Laferrière

Je ne suis pas un maître. Un maître, ça a fini d’apprendre.
D L Écrire permet de mieux lire
(La Presse, 2017)  →

Biscarrosse, 5 septembre 2018 © Archives Dany Laferrière

La vraie richesse d’un homme ce n’est pas ce qu’il possède, mais ce qu’il devient après avoir tout perdu.
D L La chair du Maître  →

Jeudi 7 mai 2026, avant la séance du dictionnaire de l’Académie française, avec Pierre Rosenberg et Antoine Compagnon © Archives Dany Laferrière

Si j’avais le choix je serais un poème plutôt qu’un poète mais n’étant ni l’un ni l’autre je sors dans la nuit avec la détermination d’un parieur fou qui vient de tout miser sur un cheval boiteux.
D L Dans la splendeur de la nuit →

Dans le hall de Radio-Canada à Montréal, avril 2026 © Archives Dany Laferrière

Pour tout écrivain, il y a une mer d’encre à traverser et cette musique à trouver.
D L Journal d’un écrivain en pyjama →

Avec son éditeur Olivier Nora au Festival du livre de Paris, en 2024 © Archives Dany Laferrière

L’enfance est un pays en soi.
D L Journal d’un écrivain en pyjama →

Avec Béatrice de Rothschild et Pierre Rosenberg · Réception d’Alain Aspect · Académie française · 23 avril 2026 © Beate Thill

Ma confiance dans la poésie est sans limite. Elle est seule capable de me consoler de l’horreur du monde.
D L Tout bouge autour de moi →

Centre canadien d’architecture de Montréal, 19 avril 2026 © Archives Dany Laferrière

Ce qui est beau
conteste l’injustice.
D L  

Jour de pluie, Montréal, 16 avril 2026 © Archives Dany Laferrière

Dans mon enfance, j’ai cru que j’étais une anguille, aujourd’hui j’aspire à la souplesse d’une branche nue.
D L Dans la splendeur de la nuit →

Angine de Poitrine, Club Soda [chronique audio] © Archives Dany Laferrière

Borges est une métaphore
de la bibliothèque
D L Autoportrait de Paris avec Chat →

«Êtes-vous Jorge Luis Borges?» «Parfois» © Archives Dany Laferrière

Bukowski a sorti la littérature de l’université pour l’emmener prendre une cuite dans les bars miteux de Los Angeles.
D L J’écris comme je vis →

Rue Saint-Denis

C’est Rimbaud qui entreprit un jour de colorier les voyelles, sûrement en se rappelant son enfance qui n’était pas loin. Je parie que d’autres enfants ont joué à ce jeu au fil du temps.
D L L’alphabet des couleurs →

Montréal dans l’œil du peintre primitif © Archives Dany Laferrière

Il y a bien longtemps un jeune poète de vingt ans avait exprimé le rêve doré d’une ville magique.
D L Vers d’autres rives →

Avec Karla Suarez © Alberto Manguel

Malraux avait l’impression que les peintres de Saint-Soleil avaient découvert quelque chose qui rend futile toute agitation face à la mort.
D L Dans l’œil du peintre primitif →

Malraux en Haïti © Dany Laferrière

Il n’y a que les vulgaires qui souffrent, ceux qui n’ont pas de style. C’est le contraire du dandy. Le travail, c’est de trouver la grâce d’être soi-même.
D L J’écris comme je vis [La Presse, 2001] →

Mon pays c’est le style © Alain Roberge, 2001

Certains n’attendent que l’été pour vivre, d’autres n’espèrent que la douceur de l’automne et ses coloris brillants, d’autres encore ne vivent que quand le froid est au plus vif, et d’autres enfin accueillent avec une certaine fièvre le printemps toujours gorgé de promesses.
D L Fête nationale du Québec, 1997  →

Ruelle de Montréal, 9 avril 2022 © Martin Alarie, Journal de Montréal

L’au-delà, est-ce ici ou là-bas? Ici n’est-il pas déjà là-bas? C’est cette enquête que je mène.
D L Pays sans chapeau  →

Une visite inattendue © Dany Laferrière

Le monde ne s’arrête jamais, il change de vitesse.
D L Dans la splendeur de la nuit  →

Rencontre à l’hôtel Conrad © Délégation du Québec à Séoul

La pluie est arrivée juste avant l’aube, et mon angoisse s’est envolée à tire-d’aile, vers le ciel neuf d’un pays inconnu.
D L Un certain art de vivre  →

extrait de Sur la route avec Bashō © Dany Laferrière

J’aime le mois d’avril.
La couleur jaune.
Les ciels étoilés.
D L Chronique de la dérive douce  →

Déjeuner au Sazanka-sō, pavillon des camélias, Tokyo © Dany Laferrière

Méfiez-vous
du côté gauche
de la nuit D L Sur la route avec Bashō  →

Dany Laferrière et les Stray Kids, stars de la K-pop, réunis à la Maison Bleue de Séoul, 3 avril 2026.
© Moon Si-yeun (문시연)

Suis-je le seul à avoir un rapport aussi intime avec le temps? D L Sur la route avec Bashō  →

Petit-déjeuner avec son éditeur Yoshio Fujiwara ainsi que la délégation du Québec, l’Ambassade du Canada et d’Haïti, à Tokyo

Quand on regarde un tableau
on doit croire
qu’il vous regarde aussi.

D L Sur la route avec Bashō  →
Le Paysage en question de Monet (centenaire de la mort du peintre) au Musée Artizon, 1 avril 2026 – Tokyo ©Dany Laferrière

Mon intention n’a jamais été
de comprendre le monde
ni de le changer.
Simplement d’y vivre.

D L Sur la route avec Bashō  →
Invité du Président de la République française lors de sa visite officielle au Japon et en Corée (31 mars – 3 avril 2026) © Archives Dany Laferrière

Le voyageur revient
un jour ou l’autre sinon
ce n’est pas un voyageur.

D L Sur la route avec Bashō  →
Instant poésie par Dany Laferrière lundi 30 mars 2026
Épisode 1 / 20 « Paris, 1983»

Je crois que dans ces moments
de crise aiguë où tout semble
bouger sous nos pas, il est bon
de quitter notre époque.

D L Sur la route avec Bashō  →
L’invité de TV5 MONDE pour Grand Intérieur rouge © Archives Dany Laferrière

Ce sentiment de culpabilité qu’on traîne
depuis trois jours pour n’avoir
pas écrit une seule ligne sera l’étincelle
qui fera repartir la machine.

D L Journal d’un écrivain en pyjama  →
Écrivain au travail dans un hôtel de Tokyo © Archives Dany Laferrière

Il n’y a pas de plus grand luxe que de voir le soleil se lever un matin où vous n’avez aucune obligation que de préparer un café.


Café de Paris avec Hemingway, extrait de «Autoportrait de Paris avec Chat» © Archives Dany Laferrière

Je vous dirai une autre fois pourquoi je trouve le théâtre assez suspect.


avec René de Obaldia, au lendemain de ses 100 ans, en 2018 © Archives Dany Laferrière

Le plus important, c’est d’écrire, de devenir un écrivain de telle manière que les questions de couleur, de race, d’origine ne se posent plus. Je veux m’emparer du monde. Mon prochain livre sera un roman japonais.

Mont Fuji, Japon, à côté de son éditeur Yoshio Fujiwara, et entre ses traducteurs Kazuko Ogura et Hidehiro Tachibana.

À quoi ressemble un film de Dany Laferrière ? À du Woody Allen fauché. Ou au premier film de Spike Lee : Nola Darling n’en fait qu’à sa tête ! Montage rapide. J’ai filmé en pensant à mes livres, en essayant de retrouver la même liberté.


Tournage Comment conquérir l’Amérique en une nuit avec Michel Mpambara. Réalisation: Laferrière, 2004

Le vin chemine lentement dans le corps avant de devenir du sang que je changerai en encre. Je suis resté dans ce monde magique qui fait de ma vie une fête perpétuelle.


Restaurant Marcel © Thibault Stipal, pour «Le Monde»

Pas croyable, ça fait la cinquième fois que Bouba met ce disque de Charlie Parker. C’est un fou de jazz, ce type, et c’est sa semaine Parker.


© Chrystel Dozias, Archives Dany Laferrière
Les académiciens Michael Edwards et Michel Serres après la grande séance du jeudi © Dany Laferrière, 28 mars 2019

Borges remarque, et je ne peux qu’approuver, qu’il n’y a pas de plaisir plus complexe que de penser. Ce qu’il a fait en démontrant que Kafka a influencé ses prédécesseurs.

— D L

Un certain art de vivre

Ces mondes cachés sous mes paupières.


Peintures © Dany Laferrière
C’est la guerre ! © peinture de Dany Laferrière 
Chancelier de l’Académie française pour l’hiver 2026, séance du dictionnaire © Pascal Ory

Ce que je cache en moi, c’est un cœur collectif.


© Studio des Récollets de Paris

J’ai l’impression des fois de faire du Jazz, d’être comme un vieux saxophoniste jouant tout seul sous un lampadaire.


Aéroport d’Alger, 1er novembre 2016. Écrire et dessiner Autoportrait de Paris avec Chat © Archives Dany Laferrière
Salle Richelieu, Académie française

J’ai appris au fil des nuits blanches qu’on n’écrit pas dans sa langue maternelle mais dans cette nouvelle langue nourrie d’angoisses, d’encre, de sang et de fêtes intimes.


Aujourd’hui toute ma tendresse va vers Beyrouth.
© Dany Laferrière. Beyrouth sous la pluie
© Dessin de Dany Laferrière. Une certaine forme de résistance.
Enregistrement À livre ouvert avec Mariana Mazza au Parc Baldwin.
© Archives Dany Laferrière
Pour une fois à Télé-Québec avec la comédienne Sophie Faucher, le chef du bloc québécois Yves-François Blanchet, l’humoriste Louis-José Houde et l’actrice Stéphanie Lapointe.
© Dany Laferrière. Plat du jour
Le lapin footballeur.
© Archives Dany Laferrière, Calirose Amelia Tucker, collection particulière.

Il arrive toujours ce moment où l’on ne se reconnaît plus dans le miroir à force de vivre sans reflet.


Jour de voyage. © Archives Laferrière

Je n’écris pas sur moi, j’écris à partir de moi.


© Dany Laferrière
Dominique Fernandez sur le pont des Arts

C’est quand on n’a rien à faire que le temps est précieux.


© Chrystel Dozias, Expo Haïku aux Récollets

Le livre est plus complexe qu’un ordinateur et aussi simple à ouvrir qu’un ciel d’été.


© Archives Dany Laferrière, L’écrivain au travail

Nous gardons tous précieusement en nous un voyage. Si on ne le fait pas, quelqu’un d’autre le fera à notre place pour nous le raconter. Sinon il se changera en rêverie. Sous les paupières closes, la mer turquoise.


© Dany Laferrière – Lit envahi par les livres dans ce studio parisien.

On dit que le grec est mort mais je sens encore des vibrations quand je tiens l’Odyssée contre ma poitrine.


© Archives Dany Laferrière, Pelleter la neige avec les petits voisins

C’est étrange, je sens de plus en plus que l’hiver fait partie de ma vie, qu’il est entré dans ma chair pour se loger dans mon code génétique. « D’un glaçon, j’ai fait l’hiver », dit le poète Gilles Vigneault


© Archives Dany Laferrière, Marche rue Saint-Denis

Le ciel est devenu si bas que n’importe qui peut décrocher une étoile pour la piétiner à sa guise.


© Archives Dany Laferrière, retour d’épicerie

Si nous sommes en présence d’un véritable écrivain, il n’a pas besoin de conseils. Et s’il n’est pas bon, les conseils retarderont le moment où il s’en rendra compte.


Peinture sur lampadaire.
© Archives Dany Laferrière.
Lucie Robitaille, collection particulière.

La langue est cette passion populaire qui se faufile dans les moindres recoins de notre existence.


Quand les gens me parlent, je vois qu’ils s’adressent à ma douleur alors que je m’accroche à la moindre mouche vivante.


© Archives Dany Laferrière, Lecture du journal

Prenez deux poèmes par jour : un le matin et un autre le soir. Trouvez un vers qui vous plaît et ruminez-le jusqu’à ce qu’il s’incruste dans votre chair.


Bashō envisage la marche comme une façon de se laver de toute la crasse de la réalité. Le haïku étant un petit savon bon marché.


© Dany Laferrière, Table de travail avec petit-déjeuner.

Les vivants donnent la main aux morts afin que l’esprit soit toujours jeune et vieux à la fois : jeune pour l’action, vieux par l’expérience.


© Archives Dany Laferrière, Expo de Nix, Salon du livre de Montréal 2025

Un pays est un roman écrit par ceux qui l’habitent. Chaque interprétation nouvelle l’enrichit.


© Dany Laferrière, Petit déjeuner santé.

Ma grand-mère a contribué au bonheur de Petit-Goâve sans quitter sa galerie.


© Dany Laferrière, Table de travail.

Nous avons un allié terrible, le temps, car il porte en lui la mort aveugle.


© Dany Laferrière, Peinture sur toile.

Le peintre primitif place le point de fuite non au fond du tableau, mais dans le plexus de celui qui regarde.


© Dany Laferrière, Petit-déjeuner japonais avec journal du jour.

Rien n’est plus artificiel que de faire apparaître un monde avec des lettres de l’alphabet… et pourtant, on crée des émotions plus forte que la vie.


© Dany Laferrière, Table de travail.

J’écris avec ce que je suis, avec mon sang, mon esprit, mes émotions, mes voyages.


© Dany Laferrière, Table de travail.

Un de ces couchers de soleil qui vous brûlent les yeux à force de beauté. Merveille de cuivre en fusion. Spectacle incroyablement délicat créé par la pollution. Il n’y a que le smog pour engendrer d’aussi magnifiques couchers de soleil.

© Dany Laferrière, Assiette de spaghetti aux légumes.

La vie n’est pas un concept car il y pleut parfois.

— D L

Un certain art de vivre

©Dany Laferrière, Promenade avec pigeons dans Paris

En fait, on meurt d’une chose ou d’une autre. La seule raison, c’est qu’on est mortel, mais la vraie question c’est, pourquoi on vit?

© Dany Laferrière, Café aux Deux Magots

Coulanges mettait la camaraderie au dessus de tout. Il devenait silencieux, laissant toute la place à ses hôtes, mais on pouvait lire sur son visage, si expressif, une gamme d’émotions inédites.

© Dany Laferrière, Cadeau de Tunis.

Nous habitons le temps présent à défaut d’habiter un lieu.

© Archives Dany Laferrière, Dans l’escalier de la Gare de l’Est

Oh la passion que l’on peut mettre dans un plaisir que l’on sait éphémère.

© Archives Dany Laferrière, Visite de l’expo Basquiat

Personne ne sait où je suis en ce moment ni même ne cherche à le savoir.

— D L

Un certain art de vivre

© Dany Laferrière, Pont des arts, après l’Académie française

La lune est à vous tant qu’elle demeure un astre et que vous restez un rêveur.

— D L

Un certain art de vivre

© Dany Laferrière, Repas poisson, coucous, fromage et banane

Quand pourra-t-on dire : voilà, c’est elle que je voulais, que j’ai toujours voulue, que je veux vraiment ? En même temps, on a terriblement peur de ce moment. On sent que la mort n’est pas loin. La mort de tout désir.

— D L

Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit?

© Dany Laferrière, Panier de fruits à Lisbonne.

L’Amérique n’a qu’une exigence : le succès. À n’importe quel prix. Et de n’importe quelle manière.

— D L

Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit?